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L'Actualité au Sénégal

De 3 500 à 5 500 FCFA : le prix du bœuf explose en pleine période de soudure


Rédigé le Jeudi 13 Août 2026 à 20:12 | Lu 43 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


Le prix de la viande de bœuf connaît une forte hausse dans plusieurs marchés du Sénégal. À Matam comme à Rufisque, le kilogramme se négocie désormais autour de 5 500 FCFA, alors que les ménages font déjà face à une conjoncture difficile, notamment en cette période de soudure.


À Matam, la progression est particulièrement importante. Il y a un peu plus d’un an, le kilogramme de viande de bœuf était vendu autour de 3 500 FCFA. Il atteint aujourd’hui 5 500 FCFA, soit une hausse de 2 000 FCFA. Cette augmentation intervient dans une zone où plusieurs milliers de personnes sont confrontées à des difficultés alimentaires, rendant la viande de plus en plus inaccessible aux familles aux revenus modestes.
 

La situation est également préoccupante à Rufisque. Au marché de la Cité APIX, le kilogramme de bœuf est affiché à 5 500 FCFA, tandis que le prix du mouton atteint jusqu’à 7 000 FCFA le kilogramme. Des consommateurs dénoncent des tarifs devenus trop élevés et appellent les autorités à prendre des mesures pour contenir cette flambée.
 

Le coût de l’alimentation du bétail en cause

Les professionnels de la filière expliquent cette situation par plusieurs facteurs. Parmi eux figurent notamment l’augmentation du prix de l’aliment du bétail et les difficultés d’approvisionnement en animaux destinés à l’abattage.
 

Les perturbations aux frontières, particulièrement avec le Mali, compliquent également l'approvisionnement du marché sénégalais. Or, le pays reste fortement dépendant des importations de bétail en provenance de plusieurs pays voisins, notamment le Mali et la Mauritanie.
 

Cette dépendance fragilise la filière et peut rapidement se répercuter sur les prix payés par les consommateurs.
 

Les abattages en forte baisse

La situation se ressent également au niveau des abattoirs. À la Société de gestion des abattoirs du Sénégal (SOGAS), les volumes d’animaux abattus auraient fortement diminué à certaines périodes, passant d’environ 300 têtes par jour à une centaine.
 

Une situation paradoxale pour les professionnels : malgré la hausse du prix de la viande, certains acteurs de la filière affirment continuer à enregistrer des pertes. Les pertes seraient estimées entre 40 000 et 50 000 FCFA par tête de bétail.
 

Les acteurs réclament une nouvelle politique d’élevage

Face à cette crise, Ismaël Sow, président du Conseil national de la Maison des élevages du Sénégal, appelle à une réflexion profonde sur la politique nationale de développement de l’élevage.
 

Selon lui, la forte dépendance du Sénégal vis-à-vis des pays voisins constitue une vulnérabilité pour le marché national. Il préconise ainsi une relance de la production locale afin de renforcer l’autosuffisance du pays en matière de viande.
 
La flambée actuelle pose donc une question majeure : jusqu’où les prix de la viande peuvent-ils encore grimper ? Pour les consommateurs, l'urgence est de retrouver des prix accessibles. Pour les professionnels, la solution passe par une meilleure organisation de la filière, un approvisionnement plus régulier et surtout un renforcement durable de la production nationale.



Lat Soukabé Fall

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