Une patrouille de nuit qui permet de mettre la main sur un suspect
Tout commence à la suite de plusieurs signalements transmis par des habitants du secteur d’Apix. Ces derniers avaient alerté les forces de sécurité sur la présence de charretiers qui circuleraient en groupe sur certains axes, notamment entre la bande de filaos, la route MKA Paix, le rond-point Mandoumbé, Keur Massar et Malika.
Face à la multiplication de ces dénonciations, la brigade de proximité de Tivaouane Peulh a renforcé les opérations de sécurisation dans cette zone. Une patrouille anti-agression, appuyée par des points de contrôle, a ainsi été déployée afin de surveiller les mouvements suspects durant la nuit.
Entre 22 heures et 6 heures du matin, dans la nuit du 21 au 22 août, les gendarmes ont aperçu trois individus qui conduisaient un important troupeau de bovins. Les animaux venaient de la direction de la VDN 3 et étaient conduits vers l’axe Mbeubeuss-Apix.
À la vue du véhicule des gendarmes, les trois hommes auraient immédiatement pris la fuite en direction de la bande de filaos. Une course-poursuite s’est alors engagée. Si deux des suspects ont réussi à échapper aux militaires, le troisième a été rattrapé et interpellé.
Des explications qui ne convainquent pas les gendarmes
Conduit pour être interrogé, le suspect a donné plusieurs versions concernant l’origine du troupeau. Dans un premier temps, il aurait expliqué qu’il avait récupéré les bêtes avec deux complices, identifiés comme A. Sow et S. Sow, afin de les acheminer vers Keur Ndiaye Lo.
Face aux questions des enquêteurs, il a ensuite changé de version et affirmé que les animaux lui appartenaient. Il aurait expliqué avoir perdu son troupeau sans toutefois avoir signalé cette disparition aux autorités.
Mais les enquêteurs ont relevé une incohérence importante dans ses déclarations. Le suspect avait notamment indiqué que ses animaux étaient reconnaissables grâce à des traits horizontaux situés sur la cuisse gauche.
Or, les bêtes retrouvées par les gendarmes portaient d’autres marques d’identification. Certaines étaient estampillées « AS », tandis que d’autres présentaient une flèche, la lettre « T » ou encore la lettre « O ».
Ces différences ont renforcé les soupçons des enquêteurs et les ont poussés à approfondir les recherches sur l’identité du propriétaire du troupeau.
Un troupeau de 17 bovins
Le cheptel récupéré était composé de 17 bovins. Il comprenait deux veaux, l’un de couleur blanche et l’autre de couleur marron, ainsi que 15 femelles.
Parmi ces dernières, deux étaient de robe marron et treize de robe blanche.
Le suspect, qui aurait déclaré être domicilié à Noflaye, sur la route de Bambilor, n’a toutefois pas réussi à fournir d’explications convaincantes permettant de justifier sa possession de ces animaux.
Les gendarmes ont alors sollicité le président des éleveurs de Tivaouane Peulh, A. Sow, afin de faciliter l’identification des bovins.
Grâce notamment à un groupe WhatsApp regroupant des bergers et acteurs du secteur de l’élevage à travers le Sénégal, les recherches ont permis de retrouver le véritable propriétaire du troupeau.
Le propriétaire reconnaît son ancien berger
Le propriétaire identifié est un éleveur établi à Malika. Celui-ci avait justement constaté, le matin même, la disparition de ses animaux.
Face à cette disparition, il s’était rendu au commissariat de Malika afin de faire une déclaration.
Lorsqu’il a été informé que son troupeau avait été retrouvé par la brigade de Tivaouane Peulh, il s’est immédiatement déplacé pour vérifier l’information et récupérer ses animaux.
C’est lors de la présentation du suspect que l’affaire a pris une tournure inattendue.
Le propriétaire a formellement reconnu l’homme interpellé par les gendarmes. Il s’agissait, selon ses déclarations, de son ancien berger, Amadou Ka, âgé de 27 ans et domicilié à Bambilor.
Six mois de travail, six vaches disparues
Le propriétaire a expliqué aux enquêteurs qu’Amadou Ka avait travaillé à son service pendant environ six mois.
Mais cette collaboration avait été interrompue après plusieurs disparitions de bétail.
Selon les déclarations du propriétaire, six vaches avaient déjà disparu durant la période où le jeune homme travaillait comme berger. À chaque disparition, des plaintes avaient été déposées auprès du commissariat de Malika.
Face à la répétition de ces incidents, le propriétaire avait finalement décidé de mettre fin à la collaboration et de licencier son berger.
Quelques mois plus tard, les deux hommes se sont donc retrouvés dans des circonstances particulièrement inattendues : le premier venait identifier son troupeau disparu, tandis que le second était interpellé alors qu’il conduisait les animaux avec deux autres personnes.
Le suspect finit par reconnaître les faits
Réentendu par les enquêteurs le 22 août 2026 à 10 heures, Amadou Ka aurait finalement reconnu les faits qui lui étaient reprochés.
Le suspect aurait également sollicité la clémence de la justice.
À l’issue des investigations, les éléments recueillis par les gendarmes ont conduit au placement en garde à vue du jeune homme pour des faits présumés de vol en réunion portant sur 17 bovins, commis durant la nuit.
Les deux autres membres du groupe, A. Sow et S. Sow, qui ont réussi à prendre la fuite lors de l’intervention, font pour leur part l’objet d’un avis de recherche et d’arrestation.
Une deuxième affaire liée au chanvre indien
La brigade de proximité de Tivaouane Peulh ne s’est pas limitée à cette opération.
Le lendemain, dimanche 23 août, les gendarmes ont également procédé à l’interpellation d’un jeune homme dans le quartier de Namora.
Sur renseignement, les forces de sécurité ont effectué une descente dans un bâtiment inachevé présenté comme un lieu fréquenté par des personnes soupçonnées de s’adonner au trafic de chanvre indien.
L’opération a été menée avec l’appui de plusieurs brigades ainsi que du GEMS.
À l’arrivée des gendarmes, plusieurs jeunes ont tenté de prendre la fuite. Parmi eux figurait M. M. Konté, alias « Naby Amsa », âgé de 22 ans et présenté comme un ouvrier domicilié à Tivaouane Peulh.
Pour tenter d’échapper aux forces de l’ordre, le jeune homme aurait grimpé sur une terrasse. Mais sa tentative de fuite a finalement échoué et il a été rattrapé par les gendarmes.
Cinq cornets retrouvés
La fouille effectuée sur place a permis de découvrir cinq cornets contenant du chanvre indien.
Le suspect aurait toutefois contesté être le propriétaire de la drogue retrouvée.
Malgré ses dénégations, l’enquête s’est poursuivie et les éléments réunis par les enquêteurs ont conduit à son interpellation pour des faits présumés de détention, usage, trafic, offre et cession de chanvre indien.
Les deux affaires ont finalement été transmises au parquet.
Amadou Ka et M. M. Konté, alias « Naby Amsa », ont été présentés au procureur Cheikh Diakhoumpa, chef du parquet de Rufisque. Ils ont ensuite été placés sous mandat de dépôt, tandis que les recherches se poursuivent pour retrouver les deux complices présumés impliqués dans le vol des 17 bovins.
