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Thiès : Un commerçant de 60 ans sous mandat de dépôt pour recel de bœufs volés


Rédigé le Vendredi 13 Février 2026 à 19:24 | Lu 28 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


Le quartier de Thiès a été le théâtre d’une affaire de recel de bétail qui a secoué la communauté locale. A. Cissé, un commerçant âgé de 60 ans, a été arrêté après avoir été retrouvé en possession de deux bœufs signalés comme volés. L’affaire, examinée ce vendredi par le tribunal des flagrants délits, a mis en lumière les risques liés au commerce de bovins dans la région.


Lors de son audition à la barre, M. Cissé a vigoureusement contesté les accusations portées contre lui. Selon lui, il avait acquis les animaux en toute légalité auprès d’un certain M. Sow, vendeur supposé honnête. « C’est lui qui me les a vendus. Je les ai achetés à 2 millions F CFA. Je me suis rendu à son domicile pour discuter du prix. Une fois l’accord trouvé, je lui ai remis une avance de 800 000 F CFA avant d’embarquer les bœufs devant plusieurs témoins », a-t-il déclaré.
 

L’accusé a insisté sur le fait qu’il ignorait que les bovins provenaient d’un vol. « Je n’avais aucun motif de douter de la légitimité de la vente. Je pensais simplement faire une bonne affaire », a-t-il ajouté, visiblement ému.
 

Les bœufs en question ont depuis été restitués à leur propriétaire légitime, I. Ndione, qui avait signalé le vol quelques jours auparavant. Selon les voisins, l’affaire avait provoqué une forte agitation dans le quartier, certains habitants se demandant comment de tels vols pouvaient se produire au cœur de la ville.
 

Le procureur de la République, pour sa part, a estimé que les faits étaient constants et que la loi devait s’appliquer. Il a souligné l’importance de sanctionner le recel afin de dissuader de futurs vols de bétail, un fléau qui touche régulièrement la région de Thiès.
 

Dans la salle d’audience, plusieurs témoins ont été appelés à s’exprimer sur les circonstances de la transaction. Certains ont confirmé la remise de l’avance et la présence des bœufs au moment de la vente, sans pour autant connaître leur provenance exacte.
 

L’affaire a mis en lumière les difficultés rencontrées par les commerçants et éleveurs pour sécuriser leurs transactions. Le commerce de bovins, souvent lucratif, reste en effet un terrain propice aux arnaques et aux vols.
 

Pour M. Cissé, la situation est délicate. Bien qu’il ait insisté sur sa bonne foi, le tribunal pourrait retenir la présomption de recel, considérant que l’ignorance de l’origine volée des bêtes ne constitue pas nécessairement une excuse.
 

Le public présent à l’audience a suivi avec attention les débats, certains exprimant leur étonnement face à l’âge avancé de l’accusé et à sa longue expérience dans le commerce. « On ne s’attend pas à ce qu’un commerçant de cet âge se retrouve impliqué dans ce genre d’affaires », confiait un voisin, visiblement surpris.
 

L’affaire a été mise en délibéré par le tribunal, laissant planer le suspense sur la décision finale. Les habitants de Thiès attendent désormais le verdict, conscients que l’issue pourrait avoir un impact sur la surveillance et la sécurité des transactions dans le commerce de bétail.
 

Ce dossier rappelle que le recel, même lorsqu’il est involontaire, est sévèrement puni par la loi. Les forces de l’ordre continuent d’appeler à la vigilance, invitant les commerçants à vérifier scrupuleusement la provenance des animaux avant tout achat.
 

En attendant, A. Cissé reste sous mandat de dépôt, et l’opinion publique s’interroge sur la suite de cette affaire qui mêle commerce, légalité et présomption de bonne foi.
 

Le tribunal devrait rendre sa décision dans les prochains jours, mettant fin à plusieurs semaines d’incertitude pour les parties concernées.



Lat Soukabé Fall

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