À Thiès, l’approche du Baccalauréat ne se mesure plus seulement à l’épaisseur des cahiers de révision ni au silence studieux des salles de classe. Elle se lit aussi dans ces grands moments de mobilisation pédagogique où l’école, quittant l’intimité du cours ordinaire, devient espace public de transmission, de clarification et d’espérance. C’est dans cet esprit que l’ISM Thiès a organisé une conférence de révision en Histoire et Géographie, dédiée aux élèves des classes de Terminale, sous une appellation fortement symbolique : « Les Clés du Bac ».
La rencontre a réuni autour des candidats des enseignants reconnus pour leur maîtrise de la discipline : M. Assane Gueye, formateur en Histoire-Géographie au CRFPE de Thiès, M. Mar Ndiaye Lô, professeur d’Histoire-Géographie, et M. Alioune Badara Diouf, professeur d’Histoire-Géographie. L’objectif n’était pas de reprendre mécaniquement tout le programme, mais d’en dégager les lignes de force, les articulations profondes et les pièges méthodologiques susceptibles de faire basculer une copie du côté de la réussite ou de l’approximation.
Une conférence pour ouvrir les portes de la réussite
Dans son intervention, le senseur a donné tout son sens à l’intitulé de la journée. « Les clés du Bac. Déjà, quand on pense à clé, c’est pour ouvrir », a-t-il expliqué, avant de rappeler que les enseignants invités détenaient, par leur expérience et leur expertise, « les solutions, les outils qui permettent d’accéder au Bac ». Une formule simple, mais lourde de portée : il ne s’agissait pas seulement de rassurer les candidats, mais de les placer devant une responsabilité intellectuelle, celle d’entrer dans l’examen avec méthode, lucidité et discipline.
La présence massive des élèves a donné à cette séance une dimension particulière. Des lycéens issus de plusieurs établissements de Thiès ont répondu à l’appel, confirmant ainsi l’attente réelle autour de ce type d’initiative. Pour les organisateurs, cette mobilisation traduit la nécessité de multiplier les espaces de remédiation, d’orientation et d’accompagnement à l’approche des grandes échéances scolaires.
« L’objectif pour nous, c’était vraiment de vous accompagner vers les révisions, vers la synthèse, afin que vous puissiez être outillés de la meilleure des manières et réaliser de belles performances au Baccalauréat. »
Au-delà de l’examen, l’ISM Thiès a également profité de cette rencontre pour rappeler son ambition éducative plus large. L’établissement entend accompagner les élèves « avant le Bac et après le Bac », en leur présentant notamment ses offres de formation post-baccalauréat dans des domaines comme la gestion, le transport-logistique, l’informatique appliquée à la gestion ou encore le droit des affaires.
L’Histoire : apprendre à relier les leçons plutôt qu’à les réciter
Le premier temps fort de la séance a été consacré à l’Histoire. Les enseignants ont insisté sur une évidence souvent négligée par les candidats : le programme de Terminale ne constitue pas une île isolée, mais l’aboutissement d’un cycle. L’un des intervenants l’a rappelé avec force : « Le programme d’Histoire et de Géographie couronne la fin d’un cycle. » Autrement dit, l’élève ne découvre pas brutalement la Seconde Guerre mondiale, la Guerre froide, la décolonisation ou les civilisations en Terminale ; il les retrouve, les approfondit et les problématise.
Le programme d’Histoire a été présenté comme un ensemble structuré autour de deux grandes masses : le monde contemporain et l’étude des civilisations. Dans la première partie, les professeurs sont revenus sur le monde au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les conséquences humaines, matérielles, morales, économiques et géopolitiques du conflit, mais aussi sur la naissance d’un nouvel ordre international dominé par les États-Unis et l’URSS.
La conférence a permis de rappeler que la Seconde Guerre mondiale ne doit pas être traitée comme un simple événement clos, mais comme un seuil historique. De son bilan surgissent la bipolarisation du monde, la création de l’Organisation des Nations Unies, l’affaiblissement des puissances européennes et les prémices de la décolonisation. Ce passage d’une séquence à l’autre a été au cœur de l’exposé : savoir disserter, c’est savoir faire apparaître ces continuités, ces ruptures et ces enchaînements.
« Il ne s’agit pas d’étudier les leçons de façon séparée. Il faut montrer le glissement qu’il y a entre les différentes leçons du programme. »
La Guerre froide a ainsi été replacée dans sa dynamique chronologique : de l’éclatement de la Grande Alliance à la coexistence pacifique, de la détente aux crises de Berlin et de Cuba, de la relance des tensions à la chute du mur de Berlin en 1989. Les enseignants ont invité les candidats à ne pas confondre mémorisation et intelligence historique. Il ne suffit pas d’aligner des dates ; il faut comprendre le mouvement des rapports de force, les logiques idéologiques, les stratégies diplomatiques et les recompositions géopolitiques.
Décolonisation, Chine, civilisations : les zones à ne surtout pas négliger
Autre axe majeur : la décolonisation et l’affirmation du Tiers Monde. Les intervenants ont rappelé les causes internes et externes du processus, l’émergence des nationalismes, l’affaiblissement des métropoles européennes après les guerres mondiales, le rôle de l’ONU et l’anticolonialisme affiché des deux superpuissances. Les exemples de l’Inde, de l’Indochine, de la Gold Coast, de l’Algérie ou encore des anciennes colonies portugaises ont été convoqués pour distinguer les décolonisations négociées des décolonisations violentes.
La Chine, de Mao à Deng Xiaoping, a également occupé une place importante dans les échanges. Les professeurs ont insisté sur la trajectoire d’un pays passé d’une quête révolutionnaire communiste à une puissance économique mondiale, notamment à travers la politique des quatre modernisations et le socialisme de marché. Ici encore, le message adressé aux élèves est clair : une bonne copie ne récite pas seulement des faits, elle explique une transformation historique.
La partie consacrée aux civilisations a permis d’attirer l’attention des candidats sur un thème parfois sous-estimé. Les civilisations négro-africaines et la civilisation musulmane ont été abordées à partir de leurs fondements, de leurs permanences, de leurs diversités et de leurs évolutions. Les enseignants ont mis en garde contre la tentation de négliger ces chapitres sous prétexte qu’ils paraîtraient moins probables.
« Méfiez-vous des civilisations », a lancé l’un des professeurs, rappelant qu’un sujet de Bac peut parfaitement surgir d’un thème que beaucoup d’élèves relèguent au second plan.
La Géographie : comprendre le système-monde pour dominer le programme
La deuxième grande partie de la séance a porté sur la Géographie. L’approche retenue s’est voulue globale et méthodique. Les professeurs ont proposé une lecture du programme autour de trois axes : les espaces de puissance, les espaces émergents et les défis du développement. À la base de cette architecture se trouve une leçon introductive jugée décisive : le système-monde.
« Les élèves qui maîtrisent le système-monde n’auront pas de mal à comprendre le reste du programme. »
Le système-monde a été expliqué comme une organisation hiérarchisée de l’espace planétaire, fondée sur des flux, des interdépendances et des rapports de domination. Les enseignants sont revenus sur les facteurs de la mondialisation : le développement des transports, la division internationale du travail, la libéralisation des échanges, la circulation des marchandises, des capitaux, des informations et des personnes.
Dans cette grille de lecture, le monde se structure autour d’un centre d’impulsion constitué par la Triade — Amérique du Nord, Europe, Asie-Pacifique —, de périphéries intégrées représentées notamment par les pays émergents, et de périphéries marginalisées où se retrouvent de nombreux pays africains. La Géographie n’est donc pas un catalogue de pays ; elle est l’étude des inégalités, des puissances, des dépendances et des dynamiques de développement.
L’espace nord-américain a été présenté comme un ensemble à la fois riche et contrasté, composé des États-Unis, du Canada et du Mexique. Les professeurs ont rappelé ses atouts naturels, économiques et stratégiques, tout en montrant ses déséquilibres internes. L’Union européenne, l’Allemagne, l’Asie-Pacifique, le Japon, la Chine et le Brésil ont également été replacés dans la logique des puissances établies et des puissances émergentes.
Questions-réponses : le moment où les élèves entrent dans la matière
La séance ne s’est pas limitée à des exposés magistraux. Les élèves ont eu l’occasion d’interroger directement les professeurs sur des notions précises : le capitalisme, les atouts de l’espace nord-américain, la méthodologie de la dissertation en Histoire comme en Géographie, la décolonisation de l’Algérie, le rôle de l’Égypte dans la révolution algérienne et la question palestinienne, ou encore la résolution 338 liée à la guerre du Kippour.
À une question sur le capitalisme, la réponse a été volontairement pédagogique : « C’est une doctrine, une idéologie selon laquelle les biens et moyens de production appartiennent à des privés et dont la finalité est la recherche du profit. » Une définition claire, replacée dans l’opposition idéologique entre États-Unis capitalistes et URSS socialiste ou communiste durant la Guerre froide.
Sur l’espace nord-américain, les enseignants ont rappelé la richesse du milieu naturel : Appalaches, Rocheuses, bouclier canadien, grandes plaines, ressources minières, ressources énergétiques, potentiel hydrique et puissance agricole. « Nous sommes en face d’une nature généreuse », a résumé l’un des intervenants, en soulignant que la mise en valeur de ces potentialités par les hommes a largement contribué au développement du continent.
Une pédagogie de la confiance et de l’exigence
Au terme de cette séance dense, l’enjeu dépassait largement la simple révision. Il s’agissait de réconcilier les candidats avec l’intelligence des programmes, de leur montrer qu’une épreuve d’Histoire-Géographie ne se gagne ni par la panique ni par l’improvisation, mais par la compréhension, la méthode et l’entraînement. Les professeurs ont insisté sur la dissertation et le commentaire, deux exercices qui exigent rigueur, problématisation, organisation des idées et précision des exemples.
Le message final adressé aux candidats tient en quelques mots : suivre les conseils des enseignants, travailler avec constance, ne pas négliger les chapitres réputés secondaires et s’exercer à articuler les connaissances. Car le Bac, en Histoire-Géographie, ne récompense pas seulement la mémoire ; il consacre la capacité d’un élève à penser le monde, à ordonner les faits et à produire une argumentation cohérente.
En offrant cette plateforme d’échanges, l’ISM Thiès confirme ainsi son ambition de participer activement à l’écosystème éducatif local. À travers « Les Clés du Bac », l’établissement a voulu ouvrir une porte : celle d’un examen abordé non plus comme une menace, mais comme une étape exigeante, préparée avec sérieux, encadrée par l’expérience et portée par la confiance.
Thiesinfo
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