Le Syndicat autonome de l’enseignement supérieur (SAES) du Sénégal s’est réuni ce samedi à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar afin d’examiner plusieurs dossiers jugés sensibles, dont celui relatif au recrutement de 300 enseignants-chercheurs sénégalais en Guinée.
Dans un communiqué publié à l’issue de la rencontre, le SAES précise que, parmi les 59 Sénégalais proposés pour ce recrutement, 41 sont des docteurs sans emploi et six sont des enseignants-chercheurs à la retraite, soit 80 % de l’effectif concerné n’ayant aucun engagement professionnel en cours. Les 20 % restants, correspondant à 12 enseignants-chercheurs, exercent déjà dans des établissements publics d’enseignement supérieur au Sénégal.
Le syndicat rappelle que ces derniers ne peuvent légalement occuper un emploi permanent dans une autre structure publique ou privée, qu’elle soit nationale ou internationale. Il souligne par ailleurs que ce groupe ne représente que 0,4 % de l’effectif total des enseignants-chercheurs permanents des universités publiques sénégalaises.
Exigence du respect des textes en vigueur
Le SAES invite les enseignants-chercheurs concernés à se conformer strictement aux dispositions réglementaires. Il interpelle également le ministre de l’Enseignement supérieur afin qu’il respecte l’engagement pris par le Gouvernement dans le protocole d’accord signé le 6 janvier 2023, qui prévoit le recrutement massif de docteurs sans emploi en vue d’atteindre un taux de 70 % d’enseignants permanents.
Le syndicat rappelle également qu’un protocole de coopération universitaire et scientifique a été signé le 23 mai 2025 entre le Sénégal et la Guinée, accord portant notamment sur la mobilité des enseignants-chercheurs, du personnel d’appui et des étudiants.
Pensions de réversion : une situation jugée préoccupante
Dans le même communiqué, le SAES déplore que, malgré la signature du décret n°2025-398 du 7 mars 2025 par le Président de la République, de nombreux veufs, veuves et orphelins d’enseignants-chercheurs décédés ne bénéficient toujours pas de la pension de réversion.
Le syndicat dénonce également le refus, depuis plus d’un an, du Fonds national de retraite (FNR) de procéder à la liquidation et au paiement des pensions des enseignants-chercheurs retraités de nationalité étrangère, alors que ceux-ci ont cotisé au même régime que leurs collègues sénégalais durant toute leur carrière.
Face à cette situation, le Secrétariat national du SAES appelle l’ensemble de ses militants à une mobilisation totale dans les prochains jours, en vue d’obtenir une résolution définitive de ces revendications.

