Menu
L'Actualité au Sénégal

Pétrolier « Mersin » au large de Dakar : des preuves accablantes d’un sabotage à l’explosif


Rédigé le Jeudi 29 Janvier 2026 à 11:42 | Lu 57 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


De nouveaux éléments révèlent que le pétrolier Mersin, immobilisé au large de Dakar depuis novembre 2025, aurait été victime d’une attaque ciblée à l’explosif. Des images authentifiées par RFI accréditent la thèse d’une intervention humaine extérieure, soigneusement planifiée, visant à neutraliser le navire sans provoquer de marée noire.


Le mystère autour de l’incident survenu le 27 novembre 2025 au large de Dakar s’épaissit. Selon une vidéo exclusive obtenue et authentifiée par RFI, le pétrolier Mersin, battant pavillon panaméen et en provenance de Russie, a été saboté à l’aide de charges explosives placées à des points stratégiques de sa coque.
 

Quatre explosions sous la ligne de flottaison

Les images, filmées le 28 novembre 2025, montrent clairement quatre brèches majeures dans la coque du navire : deux à bâbord et deux à tribord. La plus importante dépasse un mètre de largeur, laissant apparaître une tuyauterie interne gravement endommagée.

Pour plusieurs experts militaires interrogés par RFI, la nature des dégâts est sans équivoque :

  • netteté des impacts,

  • localisation sous la ligne de flottaison,

  • microfissures autour des brèches,

  • déformation de la coque vers l’intérieur.

Autant d’indices qui pointent vers l’utilisation de mines magnétiques posées par des plongeurs, nécessitant au moins 5 kg d’explosif par point d’impact. La coque du navire, composée de plaques d’acier épaisses de 15 à 20 mm, n’aurait pu être perforée sans une telle puissance.
 

Un ciblage précis de la salle des machines

Fait particulièrement révélateur : toutes les explosions sont concentrées autour de la salle des machines. Un choix stratégique qui démontre une volonté claire de neutraliser le pétrolier sans le faire sombrer, alors qu’il transportait près de 39 000 tonnes de carburant.

Ce ciblage a privé le Mersin de propulsion, provoquant son déséquilibre et une entrée massive d’eau, sans toutefois déclencher de pollution maritime majeure. Un scénario qui avait pourtant fait craindre une marée noire aux autorités sénégalaises.
 

Un message géopolitique en toile de fond ?

Selon un spécialiste naval cité par RFI, seule une entité disposant de moyens de plongée avancés peut mener une opération aussi précise. Il s’agirait d’un fait inédit en Afrique : le Mersin serait le premier navire soupçonné d’appartenir à la “flotte fantôme” russe — ces pétroliers utilisés pour contourner l’embargo sur les hydrocarbures — à être ciblé dans les eaux africaines.

Si les auteurs de l’attaque restent inconnus, plusieurs analystes estiment qu’il pourrait s’agir d’un avertissement adressé à Moscou, dans un contexte international marqué par de fortes tensions énergétiques.
 

Une situation toujours sous surveillance

Deux mois après les faits, le Mersin demeure immobilisé à environ 20 kilomètres au large de Dakar, là où il stationnait depuis plusieurs semaines avant l’attaque. Parti du port russe de Taman le 21 août 2025, le navire, opéré par l’armateur turc Besiktas, avait fait escale au Togo avant d’atteindre les eaux sénégalaises. Son tirant d’eau trop élevé l’avait empêché d’accoster au port autonome de Dakar, suscitant déjà des interrogations parmi les spécialistes du trafic maritime.

Selon les autorités portuaires, le navire est désormais stabilisé. Les brèches ont été colmatées et la salle des machines est en cours de vidange. En revanche, le carburant à bord n’a pas encore été évacué, maintenant un niveau de vigilance élevé.
 

Silence officiel persistant

Malgré une inspection sous-marine menée par des plongeurs peu après l’incident, aucune conclusion officielle n’a encore été rendue publique sur l’origine exacte des explosions. Un silence qui alimente les spéculations et renforce la dimension sensible, voire stratégique, de cette affaire.



Lat Soukabé Fall

Nouveau commentaire :