Forum scientifique PUDC-RISEP à Thiès : les ISEP veulent mettre les compétences des jeunes au service du développement local
À l’ISEP Abdoulaye Ly de Thiès, le Forum scientifique PUDC-RISEP et Universités a mis en lumière une ambition commune : rapprocher la formation professionnelle supérieure des besoins réels du terrain. Autour du Pr Mouhamed Fadel NIANG, Directeur de l’ISEP-Thiès et Coordonnateur du Réseau des ISEP du Sénégal, les acteurs du PUDC, du COPIL, du PUMA et de PROMOVILLES ont insisté sur la nécessité de faire des jeunes formés dans les ISEP des ressources opérationnelles pour les programmes publics.
Les acteurs au cœur de la rencontre
Cette rencontre a réuni plusieurs acteurs institutionnels engagés dans la formation, la recherche, l’innovation et l’action publique. Parmi eux, le Pr Mouhamed Fadel NIANG, Directeur de l’ISEP Abdoulaye Ly de Thiès et Coordonnateur du Réseau des ISEP du Sénégal, a porté la voix du réseau des établissements de formation professionnelle supérieure.
Le forum a également mobilisé le Programme d’Urgence de Développement Communautaire, dirigé au niveau national par M. Gade KOUNTA, ainsi que les structures membres du COPIL, notamment le PUMA et PROMOVILLES. Le rôle du Secrétaire permanent du COPIL et l’accompagnement du ministre-conseiller cité lors de la rencontre ont également été salués.
De six ISEP fonctionnels vers un maillage national
Interrogé sur l’évolution du réseau des ISEP au Sénégal, le Pr Mouhamed Fadel NIANG a rappelé que le pays compte actuellement six ISEP fonctionnels, notamment à Diamniadio, Thiès, Matam, Richard-Toll, Bignona et Mbacké.
Selon lui, l’objectif de l’État est d’aller vers un maillage complet du territoire national, afin que chaque région puisse disposer de son propre institut.
« L’objectif, c’est que chaque région puisse avoir son ISEP. Cela répond à un besoin de proximité des établissements de formation professionnelle supérieure avec les bénéficiaires, notamment les bacheliers et les titulaires du Brevet de Technicien. »
Le coordonnateur du Réseau des ISEP a rappelé que le Sénégal a déjà parcouru un long chemin. Parti d’un seul ISEP en 2013, le pays dispose aujourd’hui de six établissements fonctionnels en 2026.
« De un ISEP en 2013, nous sommes aujourd’hui, en 2026, à six ISEP fonctionnels. Nous avons fait du chemin. Dans les cinq années à venir, nous allons atteindre, inchallah, les quatorze ISEP. »
Le projet ESPOIR-Jeunes pour atteindre les quatorze régions
Cette ambition nationale est portée par le projet ESPOIR-Jeunes, c’est-à-dire le Projet d’Enseignement Supérieur Professionnel Orienté Insertion et Réussite des Jeunes. Ce programme, appuyé par la Banque mondiale, vise à renforcer l’accès à une formation supérieure professionnelle courte, adaptée aux besoins du marché du travail et orientée vers l’insertion.
À travers ce dispositif, huit nouveaux ISEP devraient venir compléter les six déjà fonctionnels, afin d’atteindre l’objectif de quatorze établissements pour les quatorze régions du Sénégal.
Formation, recherche, innovation et action publique : une articulation nécessaire
Pour le Pr Mouhamed Fadel NIANG, le forum de Thiès a surtout permis de montrer que la formation professionnelle supérieure ne peut plus rester déconnectée des réalités du terrain. La recherche, l’innovation et l’action publique doivent désormais travailler ensemble.
« La formation, la recherche, l’innovation et la réalité du terrain, cette articulation existe et doit exister. C’est la raison même du forum organisé aujourd’hui. »
Le forum a été organisé avec l’appui financier et technique du PUDC. Le Pr NIANG a tenu à remercier le Coordonnateur national du PUDC, le Secrétaire permanent du COPIL, ainsi que l’ensemble des partenaires engagés dans cette dynamique.
« Nous remercions ici le Coordonnateur national du PUDC, le Secrétaire permanent du COPIL et tous les partenaires qui nous ont accompagnés depuis le début. »
Mettre fin au travail en vase clos
L’un des messages forts de cette rencontre est la nécessité de casser les cloisons entre les institutions. Selon le Pr NIANG, plusieurs structures publiques interviennent sur des problématiques proches, mais travaillent parfois sans suffisamment connaître les actions des autres.
« Les cloisons sont telles que, parfois, les structures travaillent en vase clos, sans savoir ce que fait l’autre. Or, nous savions déjà que nous avions des points de convergence. »
Ces points de convergence concernent notamment la formation des jeunes, la mise à disposition de compétences qualifiées et l’exécution des programmes publics sur le terrain. Les ISEP forment des techniciens supérieurs opérationnels, tandis que les programmes comme le PUDC, le PUMA et PROMOVILLES ont besoin de ressources humaines compétentes pour accompagner les populations.
Un partenariat jugé naturel entre les ISEP et le PUDC
Pour le coordonnateur du Réseau des ISEP, le partenariat entre le RISEP et le PUDC est une évidence. Les jeunes formés dans les ISEP peuvent contribuer directement à la mise en œuvre des projets de l’État dans les territoires.
« Ces jeunes peuvent être mis, et seront mis, à la disposition de ces programmes pour réaliser et mettre en œuvre les différents projets du gouvernement et de l’État du Sénégal. »
Le Pr NIANG estime que cette collaboration profite aux deux camps : les jeunes gagnent en expérience pratique, tandis que les programmes publics bénéficient de compétences techniques adaptées aux besoins du terrain.
« C’est un partenariat naturel. Si nous ne l’avions pas fait, d’autres l’auraient fait ou le feront à notre place. Nous sommes heureux d’avoir pris l’initiative. »
Des jeunes déjà engagés dans l’hydraulique, les infrastructures et l’éducation
Le partenariat n’est pas seulement théorique. Des jeunes issus des ISEP sont déjà mobilisés sur le terrain, notamment dans le cadre de stages et d’activités pratiques pilotées avec le PUDC.
« Le PUDC prend déjà des jeunes chez nous qui sont en période de stage pour les amener sur le terrain. Les compétences de ces jeunes se voient déjà dans l’accompagnement des populations. »
Les domaines d’intervention cités concernent notamment l’hydraulique, les infrastructures, l’éducation et d’autres secteurs essentiels au développement local. Pour les responsables du réseau, ces expériences montrent que les ISEP peuvent jouer un rôle stratégique dans l’exécution des politiques publiques.
Monter en puissance pour impliquer davantage de jeunes
Le défi désormais est de passer à une échelle supérieure. Le Pr Mouhamed Fadel NIANG a insisté sur la nécessité de permettre à davantage de jeunes formés dans les ISEP de participer aux programmes publics, afin de renforcer leur insertion professionnelle tout en répondant aux besoins des territoires.
« Les résultats palpables sont sur le terrain. Maintenant, il faut monter en puissance pour que plus de jeunes participent à ces programmes. »
Il a également assuré que le PUDC continuera d’accompagner le réseau des ISEP, aussi bien sur le plan financier que technique.
« Le PUDC va continuer à nous accompagner financièrement et techniquement pour que nous puissions aller de l’avant. »
Une vision commune pour l’insertion et le développement territorial
À travers ce forum scientifique tenu à Thiès, l'ISEP, le PUDC et les structures partenaires ont posé les bases d’une collaboration plus forte entre la formation professionnelle supérieure et l’action publique. L’objectif est clair : former des jeunes compétents, les confronter aux réalités du terrain et les engager dans les programmes de développement du Sénégal.
Pour Thiès, ville pionnière dans l’histoire des ISEP, cette rencontre confirme le rôle stratégique de l’ISEP Abdoulaye Ly comme laboratoire national de la formation professionnelle orientée insertion. Elle confirme également que l’avenir de l’enseignement supérieur professionnel passera par une meilleure articulation entre école, entreprise, innovation et service aux populations.
Par Thiesinfo
