Les faits remontent à 2021 dans le quartier des Parcelles Assainies. Selon les éléments rapportés à l’audience et par la presse, une altercation entre deux frères aurait éclaté dans un contexte familial déjà tendu.
Thierno A. T. Lam, père de famille, est accusé d’avoir porté plusieurs coups de couteau à son frère M. H. Lam au cours d’une violente bagarre survenue dans leur domicile. La scène, rapide mais d’une extrême violence, aurait tourné au drame en quelques minutes.
À la barre de la chambre criminelle de Dakar, l’accusé a tenté de revenir sur le déroulement des faits. Il soutient que son frère aurait été armé d’un couteau et aurait tenté de l’attaquer en premier, le poussant à réagir pour se défendre.
Mais le dossier d’instruction révèle des déclarations changeantes. Lors de ses premières auditions, Thierno A. T. Lam aurait reconnu avoir porté trois coups de couteau. Par la suite, devant le magistrat instructeur, il évoquera seulement deux coups. Plus tard encore, il reviendra à la version de trois coups, tout en contestant certains éléments matériels relevés par l’enquête.
Cette instabilité dans les déclarations alimente les doutes du parquet sur la crédibilité de la thèse de la légitime défense.
L’un des aspects les plus marquants du dossier est la présence du fils de l’accusé lors des faits. Selon les témoignages recueillis, l’enfant aurait assisté à une partie de la scène de violence, avant d’alerter les voisins dans un état de choc.
Les secours n’ont été appelés qu’après l’intervention du voisinage, alors que la victime gisait déjà au sol, gravement blessée et perdant beaucoup de sang. Un retard qui a pesé lourd dans l’appréciation du dossier.
Entendu comme témoin, le fils de l’accusé a livré des déclarations jugées fluctuantes, revenant partiellement sur ses premiers propos devant la juge.
Pour le ministère public, les faits dépassent largement le cadre d’une simple dispute familiale. Le procureur a insisté sur la violence des coups, mais surtout sur l’attitude de l’accusé après l’agression, accusé d’avoir laissé son frère agoniser sans assistance.
L’absence de secours immédiat et de gestes de compassion a été particulièrement relevée par l’accusation, qui estime qu’il n’y a eu ni remords ni tentative d’assistance à personne en danger.
Dans son réquisitoire, le parquet a donc demandé la réclusion criminelle à perpétuité, estimant que la gravité des faits et les contradictions du dossier ne laissent aucune place à une peine plus clémente.
De son côté, l’avocat de la défense, Me Ndiogou Ndiaye, a plaidé une lecture différente des faits. Selon lui, l’accusé aurait agi sous la pression d’une attaque immédiate, ce qui pourrait relever de la légitime défense.
À titre subsidiaire, la défense a également évoqué l’excuse de provocation, demandant à la cour d’examiner les circonstances ayant conduit à l’altercation.
Après plusieurs heures d’audience et de plaidoiries, la chambre criminelle a mis l’affaire en délibéré. Le verdict est attendu pour le 14 juillet.
