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Dossier ASER : Thierno Alassane Sall sort de nouveaux documents et relance l’affaire des 37 milliards


Rédigé le Vendredi 12 Juin 2026 à 20:37 | Lu 84 fois Rédigé par


Chapeau : Deux ans après le décaissement controversé de près de 37 milliards de francs CFA destinés à un vaste programme d’électrification rurale, Thierno Alassane Sall est revenu à la charge. Lors d’une conférence de presse, le président de la République des Valeurs a présenté ce qu’il qualifie de nouveaux éléments issus de la justice espagnole, affirmant que l’essentiel des fonds n’aurait jamais servi à l’exécution du projet.


🔴 Dossier ASER : Thierno Alassane Sall sort de nouveaux documents et relance l’affaire des 37 milliards

Dakar – Le dossier ASER, longtemps entouré de soupçons et de controverses, connaît un nouveau tournant. Face à la presse nationale, Thierno Alassane Sall a déroulé une argumentation détaillée fondée, selon ses propos, sur des relevés bancaires transmis dans le cadre d’une procédure judiciaire ouverte en Espagne.

L’ancien ministre affirme être désormais en mesure d’établir le parcours d’une partie des fonds décaissés au profit de la société espagnole A Power EPC, chargée de l’électrification de 1 600 villages sénégalais.

Un projet stratégique de 91,8 milliards de francs CFA

Selon Thierno Alassane Sall, le projet avait été signé en février 2024 entre le Sénégal et ses partenaires espagnols. D’un montant global de 91,8 milliards de francs CFA, il visait à améliorer l’accès à l’électricité dans plusieurs zones rurales du pays.

Mais très tôt, des interrogations ont émergé autour d’un premier décaissement d’environ 37 milliards de francs CFA effectué en juin 2024.

« Ce ne sont plus des soupçons, ce sont des relevés bancaires »

« Aujourd’hui, ce ne sont plus nos mots qui parlent. Ce sont les relevés bancaires eux-mêmes transmis à la justice espagnole », a déclaré Thierno Alassane Sall.

Selon lui, les documents obtenus montreraient que l’argent destiné au démarrage des travaux n’aurait pas été utilisé conformément à l’objet du marché.

Près de 30 milliards « évaporés » en moins de deux mois

D’après les chiffres avancés par Thierno Alassane Sall, le compte de A Power EPC auprès de Banco Santander affichait un solde d’environ 22 020 euros avant le décaissement du 11 juin 2024.

En une seule journée, près de 37 milliards de francs CFA y auraient été versés au titre de l’avance de démarrage, des dépenses engagées et du crédit commercial.

« En quarante-huit jours, près de 30 milliards se sont évaporés », a soutenu l’ancien ministre.

Il affirme qu’au 27 février 2026, il ne restait qu’environ 1 346 euros, soit moins d’un million de francs CFA, sur ce même compte.

Des transferts vers plusieurs pays

Selon Thierno Alassane Sall, les documents bancaires feraient apparaître des virements vers plusieurs destinations étrangères : Espagne, Côte d’Ivoire, Togo, Tunisie, Égypte, ainsi que vers des comptes intermédiaires dont les bénéficiaires finaux resteraient à identifier.

L’ancien député affirme que seule une faible partie des mouvements financiers pourrait être liée à l’acquisition de matériel destiné au projet d’électrification rurale.

« Aucun lien évident ne peut être établi entre la majorité de ces flux et l’électrification des villages sénégalais », a-t-il déclaré.

La justice espagnole au cœur du dossier

Le président de la République des Valeurs a indiqué avoir saisi le Pôle judiciaire financier au Sénégal avant de porter l’affaire devant les juridictions espagnoles.

Selon ses explications, la justice espagnole aurait rapidement donné suite à sa plainte et sollicité des informations auprès des établissements concernés.

« Trois mois après notre saisine, nous avons obtenu des éléments concrets. C’est grâce à cela que nous pouvons aujourd’hui informer les Sénégalais », a-t-il affirmé.

La polémique autour de la SONAC

Un autre volet sensible concerne les paiements effectués au profit de la Société nationale d’assurance du crédit et du cautionnement (SONAC).

Thierno Alassane Sall soutient que des garanties auraient été réglées grâce aux avances destinées à l’exécution du projet lui-même.

« On ne peut pas garantir une avance avec l’argent provenant de cette même avance », a-t-il estimé.

Il appelle à des investigations approfondies afin de déterminer si les procédures ont été respectées.

La société civile réclame la vérité

Présent à cette conférence de presse, Mamadou Mignane Diouf, coordonnateur du Forum social sénégalais, a rappelé que plusieurs organisations citoyennes se sont mobilisées pour assurer un suivi indépendant de ce dossier.

Selon lui, la société civile ne pouvait rester silencieuse face à des interrogations portant sur une telle somme d’argent public.

Des accusations graves, une enquête attendue

Tout au long de son intervention, Thierno Alassane Sall a mis en cause ce qu’il considère comme une inaction des autorités sénégalaises malgré les alertes formulées depuis plusieurs mois.

Il estime que des responsabilités devront être établies à tous les niveaux si les faits qu’il dénonce venaient à être confirmés par les enquêtes judiciaires.

« Si l’enquête se déroule normalement, des têtes vont tomber », a-t-il lancé.

Le temps de la justice

À ce stade, les éléments présentés lors de cette conférence de presse relèvent des déclarations publiques de Thierno Alassane Sall et des documents qu’il affirme avoir obtenus dans le cadre d’une procédure judiciaire en Espagne.

Conformément aux principes fondamentaux du journalisme, Thiesinfo rappelle que les personnes et institutions citées bénéficient de la présomption d’innocence. Les responsabilités éventuelles ne pourront être établies qu’à l’issue des enquêtes et décisions de justice compétentes.

Mais une interrogation demeure : comment un projet présenté comme stratégique pour l’électrification de 1 600 villages sénégalais a-t-il pu générer autant de zones d’ombre près de deux ans après son lancement ?

Une question à laquelle les Sénégalais attendent désormais des réponses claires.

Contact Thiesinfo : 77 531 25 79




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