La campagne de commercialisation de l’arachide pourrait amorcer une phase décisive. Confronté à des difficultés persistantes dans l’écoulement de la production nationale, l’État du Sénégal a trouvé un terrain d’entente avec les exportateurs regroupés au sein de la Confédération des opérateurs de la filière arachidière (Copega). Cet accord vise à stabiliser le marché et à améliorer les revenus des producteurs en pleine période de collecte.
D’après un document émanant du ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, l’objectif principal est d’assurer une évacuation rapide des graines d’arachide tout en maintenant un prix jugé satisfaisant pour les paysans. Dans ce cadre, les membres de la Copega se sont engagés à acheter et exporter un volume compris entre 300.000 et 450.000 tonnes, à un prix plancher fixé à 305 FCfa le kilogramme.
Le texte officiel souligne que cette disposition devrait contribuer à désengorger les points de collecte et à soutenir les producteurs. Autre mesure annoncée : la levée de la taxe de 40 FCfa par kilogramme qui pesait jusque-là sur les exportations, désormais autorisées pour les exportateurs affiliés à la Copega.
En contrepartie, les autorités exigent le respect strict de plusieurs obligations, notamment le rapatriement des recettes en devises, la traçabilité des opérations commerciales et la transmission des justificatifs d’exportation, afin de préserver les intérêts économiques nationaux.
Des besoins financiers toujours élevés
Les données relatives à la collecte traduisent une progression notable. À la date du 11 janvier 2026, la Sonacos avait réceptionné 97.000 tonnes de graines, contre 77.000 tonnes à la même période lors de la campagne précédente. Malgré cette évolution, les besoins financiers restent importants, avec un rythme quotidien évalué entre 1 et 1,3 milliard de FCfa, nécessitant la mobilisation de plusieurs lignes de crédit avec l’appui du ministère des Finances et du Budget.
Par ailleurs, l’État prévoit de sécuriser une enveloppe minimale de 50 milliards de FCfa destinée au paiement des opérateurs privés stockeurs, afin d’accélérer la collecte primaire directement auprès des producteurs.
Un encadrement maintenu des exportations
Si l’accord marque une ouverture en faveur des exportateurs, les autorités rappellent que la filière arachidière demeure historiquement régulée. Le décret n° 2010-15 du 13 janvier 2010 avait permis la libéralisation des exportations pour faciliter l’écoulement des excédents lors des campagnes abondantes. Toutefois, l’absence d’un encadrement rigoureux avait parfois affecté l’approvisionnement des unités de transformation locales et la disponibilité des semences.
C’est dans ce contexte que des mesures de régulation ou des taxes à l’exportation avaient été appliquées par le passé. À travers ce nouvel accord, l’État entend concilier ouverture à l’export, sécurisation des semences, approvisionnement de l’industrie locale et gestion maîtrisée des flux.
Les engagements de la Copega
Dans une correspondance adressée au ministre de l’Agriculture, la Copega a voulu rassurer les autorités et les producteurs. La confédération rappelle que depuis la libéralisation de 2010, ses membres ont toujours respecté, voire dépassé, le prix plancher fixé par l’État.
Elle estime que l’amélioration actuelle des conditions dans le monde rural est en grande partie liée à l’implication continue des exportateurs depuis plus d’une décennie. La Copega salue également la tournée du Premier ministre et des membres du gouvernement dans les zones de production, jugée déterminante pour l’identification de solutions concrètes.
La confédération réaffirme son engagement à faire appliquer strictement le prix de 305 FCfa le kilogramme, sous peine des sanctions prévues par la loi. Elle indique disposer de promesses d’achat supérieures à la production nationale, même si ses volumes d’exportation restent limités entre 300.000 et 450.000 tonnes.
En se positionnant comme un acteur central de la filière, la Copega assure vouloir poursuivre son accompagnement des producteurs, contribuant ainsi à la stabilité et au développement durable de l’une des principales cultures agricoles du Sénégal.

