Mon corps est usé. Parfois, je n’arrive même plus à me lever du lit." Un phénomène encore trop répandu. Le mariage précoce reste une réalité dans plusieurs régions du Sénégal, notamment à Thiès, malgré les lois en vigueur. Selon l’Agence Nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD), plus de 30% des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans. Pour l’imam du quartier, le phénomène est aussi lié à des traditions et à une méconnaissance des conséquences : > "Nous pensons parfois que marier tôt nos filles les protège. Mais en réalité, cela les expose à des souffrances énormes, surtout sur le plan de la santé et de l’éducation." --- Des conséquences dramatiques Le docteur Diouf, gynécologue dans un hôpital à Thiès, confirme que les cas comme celui de Arame sont fréquents : "Le corps d’une adolescente n’est pas prêt pour porter une grossesse.
On observe des complications : fistules obstétricales, fausses couches, dépressions post-partum, et parfois même des décès." En plus des problèmes de santé, le mariage précoce prive les filles de leur droit fondamental à l’éducation, les enfermant souvent dans un cycle de pauvreté. --- Des voix s’élèvent Des ONG locales, comme Voix des Filles de Thiès, mènent des campagnes de sensibilisation pour retarder l’âge du mariage et encourager la scolarisation des filles. Aminata, éducatrice communautaire, est catégorique :"Chaque fille a le droit de grandir, d’étudier, de choisir son destin. Ce n’est qu’ainsi qu’on pourra briser le cercle du mariage précoce." L'espoir malgré tout Aujourd’hui, malgré ses douleurs, Arame veut que ses filles aient un avenir différent. Elle les envoie toutes à l’école et participe activement aux réunions de sensibilisation dans le quartier. "Je ne veux pas que mes filles vivent ce que j’ai vécu. Elles doivent avoir le choix. Le mariage viendra, mais au bon moment, quand elles seront prêtes."






