La commune de Jaxaay-Parcelles, Ă une trentaine de kilomĂštres de Dakar, fait face Ă une crise aiguĂ« liĂ©e aux inondations. Ce quartier, créé en 2005 par le prĂ©sident Abdoulaye Wade pour accueillir des familles sinistrĂ©es de GuĂ©diawaye, Wakhinane ou encore MĂ©dina Gounass, subit aujourdâhui les mĂȘmes flĂ©aux qui avaient justifiĂ© leur dĂ©placement.
Depuis plus de quatre ans, la zone est confrontĂ©e Ă une montĂ©e inquiĂ©tante des eaux, due Ă la nappe phrĂ©atique et Ă lâaccumulation des pluies. Lâabsence dâinfrastructures dâassainissement fonctionnelles aggrave la situation. Les populations improvisent des canaux de drainage artisanaux pour Ă©vacuer les eaux, avec lâaide du collectif local Focus ZĂ©ro Inondation. RĂ©sultat : les rues sont impraticables, les habitations isolĂ©es, et les eaux usĂ©es envahissent les domiciles.
KinĂ© Ndiaye, prĂ©sidente des femmes de Jaxaay 1 quartier 11B, attribue lâaggravation de la situation Ă la construction de la route 4km400. « Au dĂ©part, tout allait bien. Mais depuis la route, les inondations sont revenues », dĂ©plore-t-elle, tout en saluant les efforts de la jeunesse locale face Ă l'inaction de l'Ătat.
El Hadji Ndongo Hann, prĂ©sident du collectif, dĂ©nonce lâinaction des autoritĂ©s malgrĂ© les alertes lancĂ©es depuis 2018. « Nous vivons dans les eaux. Les toilettes sont inutilisables, les habitants se lavent dans leur salon, et faire ses besoins est devenu un dĂ©fi quotidien », explique-t-il. Il lance un appel pressant aux autoritĂ©s pour une solution durable.
MĂȘme son de cloche du cĂŽtĂ© de lâimam Fall, qui estime que seules les autoritĂ©s Ă©tatiques disposent des moyens nĂ©cessaires pour venir Ă bout du problĂšme. Farmata KhamĂ© Sy, marraine du quartier, sâinquiĂšte quant Ă elle des risques sanitaires : « Nos enfants tombent malades, les toilettes dĂ©bordent, et il faut dĂ©penser 25.000 FCFA tous les quinze jours pour les vidanges. »
La situation rend mĂȘme les cĂ©rĂ©monies funĂ©raires pĂ©nibles : il faut porter les corps Ă pied jusquâĂ la route principale, faute dâaccĂšs pour les corbillards.
Les habitants espĂšrent un changement avec le nouveau rĂ©gime en place. Abdou Lahat Diop, conseiller municipal chargĂ© de lâurbanisme, rappelle que les promesses de solutions concrĂštes doivent maintenant se traduire en actions.
Lors dâun conseil des ministres, le prĂ©sident Bassirou Diomaye Faye a reconnu que lâurbanisation mal planifiĂ©e a amplifiĂ© les inondations. Il a appelĂ© Ă une Ă©valuation des actions passĂ©es, Ă lâactualisation des Plans Directeurs dâAssainissement (PDA), et Ă la mise en Ćuvre dâun nouveau Programme intĂ©grĂ© de DĂ©veloppement de lâAssainissement (PIDA). Il a aussi insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de mobiliser les services publics et les dispositifs de solidaritĂ© nationale pour soulager les populations affectĂ©es.
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aps