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đŸŒ§ïž Inondations Ă  Jaxaay : un retour douloureux Ă  la case dĂ©part pour les sinistrĂ©s relogĂ©s


Rédigé le Mercredi 30 Juillet 2025 à 12:44 | Lu 156 fois Rédigé par


À Jaxaay, des familles relogées après les inondations revivent l’enfer de l’eau stagnante. Les habitants interpellent l’État pour des solutions urgentes et durables.


 

La commune de Jaxaay-Parcelles, Ă  une trentaine de kilomĂštres de Dakar, fait face Ă  une crise aiguĂ« liĂ©e aux inondations. Ce quartier, créé en 2005 par le prĂ©sident Abdoulaye Wade pour accueillir des familles sinistrĂ©es de GuĂ©diawaye, Wakhinane ou encore MĂ©dina Gounass, subit aujourd’hui les mĂȘmes flĂ©aux qui avaient justifiĂ© leur dĂ©placement.

Depuis plus de quatre ans, la zone est confrontĂ©e Ă  une montĂ©e inquiĂ©tante des eaux, due Ă  la nappe phrĂ©atique et Ă  l’accumulation des pluies. L’absence d’infrastructures d’assainissement fonctionnelles aggrave la situation. Les populations improvisent des canaux de drainage artisanaux pour Ă©vacuer les eaux, avec l’aide du collectif local Focus ZĂ©ro Inondation. RĂ©sultat : les rues sont impraticables, les habitations isolĂ©es, et les eaux usĂ©es envahissent les domiciles.

KinĂ© Ndiaye, prĂ©sidente des femmes de Jaxaay 1 quartier 11B, attribue l’aggravation de la situation Ă  la construction de la route 4km400. « Au dĂ©part, tout allait bien. Mais depuis la route, les inondations sont revenues », dĂ©plore-t-elle, tout en saluant les efforts de la jeunesse locale face Ă  l'inaction de l'État.

El Hadji Ndongo Hann, prĂ©sident du collectif, dĂ©nonce l’inaction des autoritĂ©s malgrĂ© les alertes lancĂ©es depuis 2018. « Nous vivons dans les eaux. Les toilettes sont inutilisables, les habitants se lavent dans leur salon, et faire ses besoins est devenu un dĂ©fi quotidien », explique-t-il. Il lance un appel pressant aux autoritĂ©s pour une solution durable.

MĂȘme son de cloche du cĂŽtĂ© de l’imam Fall, qui estime que seules les autoritĂ©s Ă©tatiques disposent des moyens nĂ©cessaires pour venir Ă  bout du problĂšme. Farmata KhamĂ© Sy, marraine du quartier, s’inquiĂšte quant Ă  elle des risques sanitaires : « Nos enfants tombent malades, les toilettes dĂ©bordent, et il faut dĂ©penser 25.000 FCFA tous les quinze jours pour les vidanges. »

La situation rend mĂȘme les cĂ©rĂ©monies funĂ©raires pĂ©nibles : il faut porter les corps Ă  pied jusqu’à la route principale, faute d’accĂšs pour les corbillards.

Les habitants espĂšrent un changement avec le nouveau rĂ©gime en place. Abdou Lahat Diop, conseiller municipal chargĂ© de l’urbanisme, rappelle que les promesses de solutions concrĂštes doivent maintenant se traduire en actions.

Lors d’un conseil des ministres, le prĂ©sident Bassirou Diomaye Faye a reconnu que l’urbanisation mal planifiĂ©e a amplifiĂ© les inondations. Il a appelĂ© Ă  une Ă©valuation des actions passĂ©es, Ă  l’actualisation des Plans Directeurs d’Assainissement (PDA), et Ă  la mise en Ɠuvre d’un nouveau Programme intĂ©grĂ© de DĂ©veloppement de l’Assainissement (PIDA). Il a aussi insistĂ© sur la nĂ©cessitĂ© de mobiliser les services publics et les dispositifs de solidaritĂ© nationale pour soulager les populations affectĂ©es.
✅ aps

 



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