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Ziguinchor : trois personnes déférées dans une affaire présumée de traite transfrontalière


Rédigé le Mardi 24 Février 2026 à 06:08 | Lu 50 fois Rédigé par


Trois individus ont été déférés au parquet de Ziguinchor dans une affaire présumée de traite de personnes à dimension transfrontalière.


  Une affaire présumée de traite de personnes à dimension transfrontalière, instruite par l’Antenne régionale de la Division nationale de lutte contre le trafic de migrants et pratiques assimilées (DNLT) de Ziguinchor, a été portée devant la justice à l’issue d’une enquête menée par les services spécialisés.
Trois individus, présentés comme des acteurs clés d’un réseau présumé, ont été déférés devant le procureur de la République près le Tribunal de Grande Instance de Ziguinchor pour des faits qualifiés d’association de malfaiteurs, de tentative d’exploitation sexuelle, de proxénétisme et d’usage de faux documents administratifs.
L’enquête a été ouverte après la présentation volontaire d’une victime présumée par un responsable communautaire, sur instruction des autorités diplomatiques de la Sierra Leone accréditées au Sénégal. Les faits signalés évoquaient un recrutement frauduleux de jeunes filles sous couvert de promesses d’emploi, suivi de leur acheminement vers Ziguinchor.
Selon les éléments recueillis, la recruteuse présumée aurait organisé, avec des complices, le recrutement, la prise en charge des frais de voyage ainsi que l’hébergement des victimes à leur arrivée. Les auditions font état d’un système de dette imposée, présenté comme un remboursement obligatoire et conditionnant la liberté des intéressées.
Les jeunes filles auraient été sélectionnées à distance, notamment à partir de photographies, puis confiées à des tiers chargés de leur surveillance afin d’empêcher toute fuite. L’appartement mis à disposition à Ziguinchor aurait servi de cadre à l’exploitation présumée.
Le propriétaire du logement a reconnu avoir loué l’appartement moyennant un loyer mensuel et avoir donné des consignes visant à limiter les allées et venues ainsi qu’à éviter toute visibilité extérieure, notamment en interdisant la réception de clients à certaines heures.
Une autre mise en cause a admis avoir assuré la surveillance des victimes et reconnu l’usage d’un document consulaire frauduleux, obtenu auprès d’un tiers spécialisé dans la confection de fausses cartes contre rémunération, destinées à des victimes de traite et à des personnes se livrant à la prostitution dans la région.
Au terme de l’enquête, les trois mis en cause ont été présentés au procureur de la République par procès-verbal en date du 22 février 2026.


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