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Zakât-al-fitr : rôle, modalités et divergences sur son mode de paiement


Rédigé le Mercredi 18 Mars 2026 à 04:38 | Lu 42 fois Rédigé par


La Zakât-al-fitr, aumône de fin de Ramadan, vise à purifier le jeûne et aider les plus démunis. Des spécialistes expliquent ses règles et ses modalités.


  À l’approche de la fin du Ramadan, la Zakât-al-fitr, appelée « Mouroum Koor » en wolof, occupe une place importante dans la pratique religieuse. Cette aumône obligatoire vise à la fois à corriger les imperfections du jeûne et à permettre aux personnes en difficulté de disposer de nourriture pour la fête de la Korité.
Selon Tafsir Abdourahmane Gaye, enseignant et conférencier, cette obligation remonte à la deuxième année de l’Hégire. Elle doit être destinée aux musulmans nécessiteux afin de leur garantir un repas le jour de l’Aïd-el-Fitr.
Contrairement à la Zakât-al-Maal, qui correspond à un prélèvement annuel de 2,5 % sur les économies, la Zakât-al-fitr se donne généralement sous forme de denrées alimentaires. La quantité recommandée est d’environ 1,8 kilogramme par personne, souvent arrondie à 2 kilogrammes, pour chaque membre de la famille concerné.
En se référant à l’enseignement de l’imam Malick, Tafsir Gaye privilégie le don en nature, notamment des aliments couramment consommés comme le riz, le mil, le maïs, le blé ou le niébé. Il souligne également qu’aucun texte ne mentionne un paiement en argent à l’époque du prophète Mohamed.
Toutefois, cette position ne fait pas l’unanimité. Oustaz Taïb Socé estime qu’il est possible de s’acquitter de cette obligation en espèces. Il explique que, dans la pratique actuelle, les bénéficiaires convertissent souvent les vivres en argent, ce qui justifie, selon lui, le versement direct d’un montant équivalent à la valeur des denrées.
Il rappelle enfin que si, à l’époque du prophète, la distribution de nourriture suffisait, les réalités actuelles permettent d’atteindre le même objectif en offrant une aide financière équivalente.


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