D’après les éléments de l’enquête, les coaccusés auraient reconnu l’existence d’un cercle structuré, décrit comme un réseau d’hommes homosexuels dirigé par Pierre Robert. Si ce dernier a gardé le silence durant sa garde à vue, ses présumés complices auraient livré plusieurs détails aux enquêteurs français.
A. Bastard aurait notamment affirmé que Pierre Robert avait installé un dispositif de surveillance au domicile d’un ressortissant sénégalais, Ameth L., présenté comme porteur du VIH. Cette caméra aurait permis, selon ses déclarations, d’observer et d’enregistrer des relations intimes entre ce dernier et d’autres hommes.
Toujours selon les aveux rapportés, Bastard aurait reconnu avoir acquis auprès d’Ameth L. des vidéos à caractère sexuel. Ce dernier a également été interpellé dans le cadre de la commission rogatoire exécutée au Sénégal.
Au Sénégal, l’affaire est suivie par la Division spéciale de cybersécurité (DSC), qui a procédé à l’arrestation de quatorze personnes. Les enquêteurs cherchent à déterminer l’étendue exacte du réseau, la nature des échanges financiers éventuels, ainsi que les responsabilités individuelles.
L’aspect transfrontalier du dossier complique la procédure. Les magistrats français et sénégalais collaborent étroitement afin de croiser les éléments saisis : supports numériques, communications électroniques et éventuels flux financiers.
Si certaines pièces commencent à émerger, de nombreuses interrogations subsistent :
Quelle était l’organisation précise du réseau ?
Les enregistrements étaient-ils diffusés ou exploités à des fins commerciales ?
D’autres personnes pourraient-elles être impliquées ?
Les prochains développements judiciaires devraient permettre d’éclaircir ces points. En attendant, l’affaire continue de susciter de vives réactions, tant en France qu’au Sénégal, en raison de sa sensibilité et de la gravité des faits allégués.