Selon les faits exposés à l’audience, dame P. Mbaye avait entamé la construction d’un mur sur une parcelle qu’elle affirme avoir acquise en toute légalité. Après avoir mobilisé ses économies pour lancer les travaux, elle découvre avec stupeur que l’ouvrage a été entièrement détruit.
Convaincue que son voisin I. Sène est derrière cet acte, elle décide de porter plainte.
À la barre, I. Sène reconnaît que le mur a bien été endommagé, mais nie toute implication. Il soutient que la construction empiéterait sur la voie publique et que sa destruction serait due au passage de véhicules.
« Je n’ai jamais touché à ce mur. Quand j’ai constaté l’irrégularité, j’ai saisi la mairie et la commission domaniale. Je me suis limité à alerter les autorités compétentes », a-t-il déclaré pour sa défense.
Le vieux D. Ndiaye, présenté comme le vendeur de la parcelle, a livré une version bien différente. Selon lui, le terrain vendu à P. Mbaye ne se situe nullement sur la voie publique. Il affirme que les limites sont claires et régulières.
Plus catégorique encore, il soutient que c’est I. Sène qui aurait personnellement procédé à la destruction du mur.
La partie civile, P. Mbaye, a confirmé avoir acquis le terrain auprès de D. Ndiaye et entamé les travaux en toute confiance. Elle explique avoir investi toutes ses ressources dans ce projet de construction.
Son avocat, Me Faty, estime que le prévenu est l’unique instigateur de la destruction, rappelant qu’il était le seul à entreprendre des démarches pour faire stopper les travaux sans en avoir la compétence légale. Il a réclamé cinq millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts pour réparer le préjudice matériel et moral.
Le procureur de la République a requis l’application stricte de la loi, laissant au tribunal le soin d’apprécier les éléments du dossier et les responsabilités de chacun.
Le jugement a été mis en délibéré. La décision est attendue dans les prochains jours.