Au cœur de la contestation : un problème devenu chronique.
Face à la presse, Pape Mbaye, responsable des videurs de Thiès, n’a pas mâché ses mots :
« À chaque fois qu’on nous donne un site, quelqu’un vient réclamer le terrain. On nous accuse d’occuper illégalement l’espace. On ne peut pas travailler dans ces conditions. »
Selon lui, les professionnels de la vidange vivent dans une insécurité permanente. Tantôt tolérés, tantôt expulsés, ils se retrouvent régulièrement au centre de conflits fonciers qui dépassent leur mission première : assurer l’assainissement de la ville.
La grève n’est pas sans conséquences. Dans plusieurs quartiers, des ménages ayant sollicité une vidange attendent désormais sans réponse. Les fosses septiques pleines représentent un danger réel, surtout en période de forte chaleur.
« Nous ne sommes pas des fauteurs de troubles. Nous sommes des travailleurs. Mais nous refusons de continuer à exercer dans l’illégalité », insiste Pape Mbaye.
Les videurs affirment être souvent confrontés :
à des altercations avec des propriétaires terriens,
à des menaces de poursuites, voire à des interventions des forces de l’ordre.
Une situation qu’ils jugent humiliante et incompatible avec un service public aussi crucial.
Au-delà de la grève, c’est toute la question de la gestion des déchets liquides à Thiès qui refait surface.
Les professionnels réclament :
Les professionnels réclament :
l’identification d’un site définitif et aménagé,
un arrêté officiel validant son affectation,
et une protection administrative contre toute revendication ultérieure.
Pour eux, l’absence de cadre clair favorise les conflits et expose la ville à une crise sanitaire majeure.
Si le mouvement devait se prolonger, les conséquences pourraient être lourdes : débordements de fosses, mauvaises odeurs, risques de contamination. Dans une ville en pleine expansion démographique, la question de l’assainissement ne peut être reléguée au second plan.
Pour l’instant, les autorités locales ne se sont pas encore officiellement exprimées. Mais la pression monte.
À Thiès, les videurs ont décidé de faire entendre leur voix.
Et derrière leur revendication foncière se cache une réalité plus profonde : celle d’un secteur indispensable, longtemps resté dans l’ombre, qui réclame aujourd’hui reconnaissance et sécurité pour continuer à servir la population.