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Thiès : Un « faux juge » et une ASP escroquent la famille d’un détenu


Rédigé le Vendredi 27 Février 2026 à 14:27 | Lu 47 fois Rédigé par Lat Soukabé Fall


Dans les couloirs feutrés du Tribunal de grande instance, là où la justice devrait protéger, un réseau d’escrocs s’est introduit pour dépouiller les familles de détenus. L’histoire est à peine croyable tant elle mêle audace, cynisme et trahison.


D. Ba, ambulancier de 34 ans, ne voulait qu’une chose : voir son jeune frère libre. M. Ba, 19 ans, était détenu depuis plusieurs mois pour viol sur mineure suivi de grossesse. Entre espoir et désespoir, D. Ba multipliait démarches et appels, frappant aux portes de l’administration judiciaire. C’est dans cette vulnérabilité qu’il est tombé dans le piège.
Le stratagème était minutieusement préparé. D. Mbodj, présenté comme un « facilitateur » des arcanes judiciaires, a approché D. Ba. Rapidement, il le mit en contact avec D. Fall, qui se faisait passer pour un magistrat influent du Tribunal de Thiès. Avec une autorité feinte et un vocabulaire juridique maîtrisé, le « faux juge » promettait la libération du détenu en quelques semaines, moyennant une somme rondelette.
 
Au départ, le prix demandé s’élevait à six millions de francs CFA. Après négociation, il fut ramené à trois millions. Confiant et désespéré, D. Ba remit progressivement près de deux millions : 1 500 000 FCFA contre décharge, le reste à la libération de son frère. Mais les promesses ne furent jamais tenues. Cinq mois passèrent, et M. Ba demeurait derrière les barreaux.
 
L’enquête de la gendarmerie de Thiès a révélé l’ampleur de la machination. Si D. Fall, D. Mbodj et D. Ndiaye ne faisaient pas partie du personnel judiciaire, A. Faye, elle, était bel et bien agent de sécurité et de proximité (ASP) détachée au Parquet. Sans uniforme, elle utilisait sa connaissance des lieux et son statut pour se faire passer auprès de la victime pour la secrétaire particulière du magistrat.

Les fonds versés par D. Ba circulaient entre les membres du réseau, selon des enregistrements audio et des preuves financières relevées par les enquêteurs.
 
Les quatre mis en cause – D. Fall, D. Mbodj, D. Ndiaye et A. Faye – ont reconnu avoir agi de concert pour soutirer de l’argent à la victime, tout en contesting certaines accusations. Ils ont été déférés au Tribunal de Thiès et l’audience s’est tenue à huis clos, le délibéré étant fixé au mois de mars.
 
 


Lat Soukabé Fall
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