Les combats ont touché notamment Kigongo et d’autres localités périphériques. Des témoins rapportent que des détonations ont été entendues jusque dans le centre-ville d’Uvira, provoquant panique et inquiétude parmi la population.
Lydia, une résidente d’Uvira, raconte : « Parfois, on entend des coups de feu et des explosions dans les montagnes, parfois ça tire dans les quartiers. Il n'y a nulle part où fuir. Tout le monde pleure, tout le monde s’enferme chez soi. Et pourtant, certaines personnes continuent de se déplacer malgré le danger. »
Malgré ces violences, l’activité commerciale et sociale a continué dans le centre-ville, mais les habitants des zones périphériques ont fui en masse. Raphaël, père de six enfants, a quitté Kigongo pour se réfugier à Uvira. Il décrit des conditions de vie précaires : « Nous dormons dans l’église. Il n’y a pas d’eau, certains puisent dans le lac Tanganyika, d’autres utilisent l’eau de pluie. C’est très difficile. Il faut absolument trouver une solution pour mettre fin à ce conflit. »
Mick Mutiki, président du cadre de concertation de la société civile du Sud-Kivu, appelle les parties en conflit à respecter les accords de cessez-le-feu déjà signés : « Il existe un processus de dialogue impliquant le Rwanda, les États-Unis et la RDC. Nous demandons simplement que les engagements soient respectés. La population souffre et a besoin de retrouver la paix. »
La société civile tire également la sonnette d’alarme sur la destruction de nombreuses infrastructures sanitaires et éducatives à la suite des récents affrontements, aggravant la précarité et la vulnérabilité des habitants.