Les conseils du député de l’opposition Mouhamadou Ngom, connu sous le nom de Farba Ngom, remettent en cause la régularité de la procédure judiciaire visant leur client, après la découverte de deux téléphones portables dans sa cellule de détention.
En détention préventive depuis février 2025 dans une affaire présumée de blanchiment de capitaux, le parlementaire fait l’objet d’une nouvelle procédure à la suite de l’exploitation de l’un des appareils saisis. Me Amadou Sall, l’un de ses avocats, évoque des “irrégularités” dans la démarche engagée.
S’exprimant mercredi lors d’une conférence de presse à Dakar, l’avocat a estimé que l’examen du téléphone aurait été effectué sans l’accord de son client ni la présence de ses conseils, ce qu’il considère comme une atteinte manifeste à ses droits.
Il a également critiqué la fouille de la cellule, rappelant qu’une perquisition doit, selon lui, intervenir sur décision de justice et en présence de l’intéressé ou de ses représentants.
Au regard de ces éléments, la défense considère que les droits du député n’auraient pas été respectés et que la procédure serait entachée d’irrégularités.
De son côté, lors d’un point de presse tenu le 13 janvier, la garde des Sceaux, ministre de la Justice, Yassine Fall, avait annoncé l’ouverture d’une enquête pour “trouble à l’intégrité de la justice et à l’ordre public”, à la suite de la découverte des deux téléphones dans la cellule du député.
La ministre a accusé l’intéressé, également maire d’une commune de la région de Matam, de “diffusion de procès-verbaux confidentiels”, de “partage de contenus pornographiques” et d’“échanges relatifs à des manœuvres politiques susceptibles de troubler l’ordre public”.
Par ailleurs, l’Assemblée nationale a validé lundi la composition d’une commission ad hoc chargée d’examiner la demande de levée de l’immunité parlementaire du député, visé par ces nouvelles poursuites.
Son immunité avait déjà été levée une première fois le 24 janvier 2025 dans le cadre de l’affaire de blanchiment de capitaux portant sur un montant de 125 milliards de francs CFA.