Le dossier avait d’abord éclaté avec l’interpellation de Zale Mbaye, connu sous le pseudonyme « Gueweul bou Gatt », impliqué dans des actes contre nature et transmission volontaire du VIH. Les investigations ont révélé que Zale Mbaye était séropositif et bénéficiait déjà d’un traitement antirétroviral avant que l’information ne soit rendue publique, suscitant une attention médiatique importante et relançant la traque des autres membres du réseau.
Dans la continuité de cette affaire, les forces de l’ordre ont arrêté Dabakh, employé de Mame Ndiaye Savon, ainsi que Zo Baldé, un tailleur, lors d’une opération menée par la Brigade de Recherches de Keur Massar sur avis du procureur Saliou Dicko. Ces interpellations s’inscrivent dans le cadre d’une délégation judiciaire ordonnée par le juge d’instruction du premier cabinet près le Tribunal de Grande Instance de Pikine-Guédiawaye.
Depuis le démantèlement du réseau, 24 personnes ont déjà été arrêtées, et d’autres interpellations sont envisagées pour cerner l’ampleur réelle de l’organisation. Les suspects sont actuellement détenus dans les locaux de la brigade, en attendant la suite de la procédure judiciaire.
La révélation de cette enquête a provoqué une vive réaction sur les réseaux sociaux et dans les quartiers concernés, où de nombreuses rumeurs ont circulé, entraînant parfois des tensions. Une intervention à la Cité Fadia, déclenchée par de fausses informations, a montré à quel point la désinformation pouvait provoquer des réactions incontrôlées : une foule s’était rassemblée dans un domicile, croyant y trouver un présumé homosexuel. Les forces de l’ordre ont dû disperser les individus, et aucune arrestation ni saisie n’a été effectuée. L’incident illustre la nécessité de vérifier les informations avant toute action.
Selon les enquêteurs, le réseau présumé ne se limite pas à Pikine-Guédiawaye et pourrait s’étendre à d’autres communes de la banlieue dakaroise. La justice cherche à identifier tous les membres et à comprendre les ramifications sociales et financières de l’organisation. L’implication de personnalités connues dans le dossier a également attiré l’attention des médias, renforçant la pression sur les forces de l’ordre pour mener une enquête rapide et complète.
Les autorités ont rappelé que la traque ne visait pas l’orientation sexuelle des individus mais les infractions pénales présumées, et qu’elles s’inscrivaient dans le cadre strict de la loi sénégalaise. Le procureur Saliou Dicko a insisté sur la nécessité de respecter la présomption d’innocence et de laisser la justice faire son travail.