Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation a rendu public, jeudi, un arrêté portant création et fixant les règles d’organisation et de fonctionnement du Comité de dialogue social. Cette instance a pour mission de contribuer, par la concertation et la médiation, à l’amélioration durable du climat social dans le sous-secteur.
Selon le document officiel, le Comité est notamment chargé de promouvoir le dialogue social entre les différentes catégories d’acteurs, de prévenir les conflits et de contribuer à leur règlement pacifique. Il servira également de cadre d’échanges, de médiation et de facilitation sociale.
À caractère consultatif, le Comité est composé de dix-huit membres issus de l’administration centrale du ministère en charge de l’Enseignement supérieur, des établissements publics d’enseignement supérieur, des centres des œuvres universitaires, des personnels d’enseignement et de recherche, des personnels administratifs, techniques et de services ainsi que des amicales d’étudiants. Chaque entité y est représentée par trois membres.
Présidé par une personnalité nommée par arrêté ministériel, le Comité exerce un mandat de trois ans, renouvelable une fois.
Un contexte marqué par des tensions à l’UCAD
Cette mesure intervient un peu plus d’une semaine après le décès d’Abdoulaye Ba, le 9 février, dans l’enceinte de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). L’étudiant en deuxième année de médecine est décédé lors d’échauffourées opposant forces de l’ordre et étudiants, dans un contexte de contestation liée à la réforme du système des bourses et à la fermeture des restaurants universitaires.
Ce drame a suscité une vive émotion dans l’opinion publique, marquée par des condamnations des violences et de l’intervention des forces de sécurité dans l’espace universitaire.
À la suite du ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, le procureur de la République près le tribunal hors classe de Dakar a annoncé l’ouverture d’enquêtes afin de situer les responsabilités.
Mercredi, des étudiants interpellés ont été remis en liberté et placés sous contrôle judiciaire, tandis que les cours restent suspendus à l’UCAD, la plus grande université du Sénégal.
De son côté, le Syndicat autonome des enseignants du supérieur (SAES) a appelé étudiants et autorités à privilégier le dialogue afin de favoriser une sortie de crise et une reprise sereine des enseignements.