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A la une à Thiès - 10 avril 2020

VILLAGE ARTISANAL DE THIES Un Trésor est en train de mourir de sa belle mort

Temple artistique par excellence, qui faisait jadis la fierté de la cité du Rail, le Village artisanal de Thiès aujourd’hui dans la tourmente, est plongé dans un profond coma. Une longue et douloureuse agonie qui a démarré au tout début des années 2000.

Le Village artisanal de Thiès, vieux de plus d’une cinquantaine d’année, aujourd’hui dans un piteux état, fut un petit « Paradis des arts » niché au paisible quartier de 10ème. Un site où l’ordre est de rigueur. Comme en témoigne bien d’ailleurs la disposition des bâtiments à l’architecture coloniale. De vieilles et hautes bâtisses alignées de façon symétrique. Une manière d’obéir à une certaine harmonie. « Le souci du moindre détail prime chez l’artiste, parce que d’une importance capitale », confie un passant. L’ordre est un principe bien au-delà des diverses apparences physiques des individus ou la misérable physionomie qu’offrent les bâtiments. Puisque pertinemment bien assimilé par les habitués de ce temple des Arts. « Nous ne laissons rien au hasard, jusqu’à l’environnement envieusement ornemental », confie un professionnel des arts.

Dans l’enceinte de l’espace artistique, se dresse un atelier de sculpture. Le gérant, un morceau de bois entre les mains, ne fait pas dans la langue de bois. L’artiste explique que « le village artisanal, patrimoine de la ville de Thiès est en train de sombrer dans la déchéance. Autrefois, c’était un lieu de rencontre et d’échanges entres touristes et artisans. Le lieu était pris d’assaut par les touristes et amoureux de l’art. Mais aujourd’hui il est en manque de visibilité et de promotion.

Il n’y a pas de publicité. Alors que le premier souci de l’artiste c’est d’avoir cette proximité avec les gens qui gère le tourisme. Le tourisme c’est de la proximité. Il faut d’abord aller aborder les hôteliers pour qu’ils puissent nous amener les clients ». Le sculpteur de poursuivre : « il n y a pas de publicité à ce niveau pour que les touristes puissent savoir qu’il y a quelque chose à Thiès ». Un tableau assez sombre qui montre, selon les professionnels de l’artisanat, que « le Village souffre ». Et de penser qu’« il lui faut une thérapie de choc pour qu’il se relève ». En effet, « le village artisanal de Thiès, fondé en 1966 pour regrouper les artisans professionnels dans les différents corps de métiers à savoir la bijouterie, la maroquinerie, la sculpture, la peinture, les tisserands…, un lieu jadis de référence, ne fait plus la fierté de ses occupants », remarquent nos interlocuteurs.

Entres autres, le manque de visibilité et l’absence de promotion. Les artistes dénoncent « l’isolement du village dans un quartier ou l’accès est difficile ». Selon eux, « on aurait dû le construire en centre-ville ou encore à l’entrée de la ville, mais certainement pas au 10ème. Cela n’a aucun sens. Le visiteur qui passe devant le Village, s’il ne fait pas trop attention, ne pourra même pas se rendre compte de l’existence de la structure ». Et de se demander « si les autorités avaient au préalable étudié le projet avant de passer à l’acte ». Le jeune A. B., un habitué du village, remarque que « le centre est non seulement isolé mais surtout il souffre d’accès facile ». Du coup, les artisans peinent à écouler leurs produits. Les visiteurs se faisant de plus en plus rares. Conséquence, « il  n’y a plus de vente, les chiffres d’affaires baissent, et beaucoup sont obligés de quitter la chambre des métiers pour aller étaler leurs produits au marché. Ceux qui ont plus de moyens et de possibilités transportent leurs objets au niveau de la sous-région, en Europe ou aux Etats-Unis ».

De la bijouterie à la cordonnerie, en passant par la teinture, la décoration, la menuiserie métallique et bois, c’est tout un potentiel qui mérite d’être promu, vulgarisé, au Village artisanal de Thiès. « Si les mois de janvier, février et mars sont les périodes les plus rentables pour les activités du village artisanal, on peut faire en sorte que la rentabilité se fasse sur toute l’année», préconisent les acteurs du milieu.

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