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VILLE DE THIES - 6 mai 2020

Une ville marquée par un Islam ouvert et tolérant cohabitant avec un catholicisme paisible

HISTORIQUE DE LA VILLE DE THIES

Jadis un village sérère du royaume de Cayor appelé autrefois Dianxène, créé au XVIIème siècle, Thiès, deuxième ville du Sénégal, a une identité forte. Avec une population estimée, en 2007, à environ 263 000 habitants, un individu sur deux a moins de vingt ans dans ce chef-lieu du département et de la région de Thiès à 70 kms de la capitale, Dakar, qui couvre 6600 km2 et dispose, depuis novembre 2008, de trois communes d’arrondissement. Le premier maire de la commune de Thiès créé en 1904 par les colonisateurs français fut le célèbre poète et premier Président de la République du Sénégal, feu Léopold Sédar Senghor, qui se trouve à l’origine du jumelage avec la ville de Caen (France) depuis 1957. Mais l’histoire de Thiès, connue comme « la ville aux-deux-gares », reste surtout marquée par son activité ferroviaire.

Thiès, la ville Rebelle, capitale du Rail, autrefois appelée Dianxène sait jouir de ses larges avenues ombragées qui dégagent une atmosphère paisible. Le symbole en tant l’avenue baptisée « Rue sans soleil ». De nombreux et ambitieux travaux d’urbanisme, peut-être non dépourvus de liens avec des enjeux électoraux, ayant été engagés depuis quelques années. Thiès, de plus en plus, devient une zone d’attraction pour les populations qui ont anticipé sur son essor économique, lié aux grands travaux, tels que la construction de l’autoroute à péage Dakar-Diamniadio et le futur aéroport de Diass. Il y existe quelques activités industrielles, une usine de montage de voitures (Sen Iran autos), une usine de piles, des mines de phosphates à Taïba et à Pallo.

Un fief culturel et artisanal

Thiès, une ville jeune et dynamique sur le plan culturel, connaît une grande activité artistique et associative. Toutes les disciplines y sont structurées et représentées, à l’exemple de l’Association Dynamique des Artistes Plasticiens de Thiès, qui fédère les plasticiens dont la plupart dispose de galeries chez l’habitant méconnues du grand public, ou encore l’Association des Comédiens de Thiès. La capitale du Rail est en effet un vivier de troupes de théâtre et de comédiens parmi les plus populaires du pays.

Au niveau des institutions culturelles, le Dianxène s’enorgueillit de disposer de la Manufacture sénégalaise des arts décoratifs, la seule d’Afrique de l’Ouest, où sont tissées et confectionnées des tapisseries, reproductions de tableaux de maître de taille monumentale. Également, l’atelier de production est ouvert au grand public.

De nombreux corps de métiers sont regroupés au Village artisanal : sculpteurs sur bois, ébénistes, tanneurs sur peaux, maroquiniers, cordonniers, menuisiers, tisserands, couturiers, peintres, bijoutiers. Des groupements d’intérêt économique qui ont remporté à plusieurs reprises le grand prix du Président pour l’artisanat. Le Village artisanal abrite la Chambre des métiers dont le rôle important fait de Thiès un foyer artisanal.

La ville bénéficie également d’un Centre Culturel Régional. En face de la Mairie, une esplanade nommée « Promenade des Thiessois » a été aménagée pour accueillir des festivités (concerts, expositions…).

Le Musée historique fut, à l’origine, le lieu d’entrainement de milliers de tirailleurs sénégalais. L’endroit, classé depuis Patrimoine historique, conserve des vestiges comme des objets néolithiques et expose des reproductions de scènes historiques.

Une ville de résistance

Le royaume du Cayor, dont est issue la région, a été le fief d’un héros de la résistance contre les velléités colonisatrices françaises : « Lat DIOR Ngoné Latyr DIOP ». C’est également à Thiès qu’a eu lieu, en 1948, la première résistance menée par les cheminots pour de meilleures conditions de travail. Grève mémorable au cours de laquelle s’est révélé M. Ibrahima SARR. L’écrivain SEMBENE Ousmane évoque admirablement cette lutte pour les droits sociaux dans son roman intitulé : « Les Bouts de Bois de Dieu ».

Beaucoup de leaders politiques de l’opposition, comme ceux de la mouvance présidentielle, sont originaires de Thiès. C’est le cas de M. Idrissa SECK, actuel Président du Conseil départemental de Thiès, ancien Premier ministre, sorti second de la présidentielle de 2017. On peut citer aussi feu Boubacar SALL (Le Lion du Cayor), Talla SYLLA, ancien leader étudiant, chef de parti d’opposition, actuel Maire de Thiès. Force est de reconnaitre que les partis au pouvoir ont souvent eu des difficultés dans cette ville « Rebelle ».

Une ville de cohabitation religieuse

La ville de Thiès se situe à 20 kms de Tivaouane-la-pieuse, ville de Maodo, fief de la confrérie musulmane Tidjiane, une des plus importantes du Sénégal. La confrérie mouride y est aussi très représentée, certains quartiers portent même son empreinte. Le quartier de Médina FALL a ainsi été fondé par Cheikh Ibra FALL, le plus fidèle compagnon du fondateur de cette confrérie. Deux autres sites de rencontres religieuses se trouvent à proximité de la ville : Ndiassane KOUNTA et Thiénéba SECK.

Thiès est marquée par un Islam ouvert et tolérant qui cohabite avec un catholicisme paisible. La grande cathédrale Sainte Anne, symbole de l’ouverture de la ville, est un chef d’œuvre architectural. On y retrouve une église baptiste et une autre luthérienne. La religion traditionnelle animiste compte aussi des adeptes dans la ville.

Education

La ville est un lieu important de formation. Elle comprend l’École Polytechnique, l’Université (créée en 2007), l’École d’Officiers, l’Ecole des Ingénieurs agronomes (ENSA) et dispose de deux lycées et de plusieurs collèges. L’enseignement privé y occupe une place importante avec les écoles privées catholiques comme le Collège Saint Gabriel et Saint Ursule. Des centres de formation commencent également à s’y développer.

Ville carrefour

D’abord lieu de garnison, Thiès connut un essor avec la ligne de chemin de fer Dakar-Saint Louis. Elle devint le carrefour des anciens royaumes du Djolof, du Cayor et du Baol. La construction de la ligne de chemin de fer de Dakar à Bamako fit de la ville un lieu de passage incontournable. De nombreux ouvriers de la sous-région sont venus travailler à la régie des chemins de fer. Ils sont finalement restés et se sont établis avec leur famille.

Aujourd’hui, la ligne ferroviaire Dakar-Saint-Louis est malheureusement suspendue, mais une liaison journalière Dakar -Thiès est assurée. Thiès est aussi un important carrefour routier car inévitable lieu de passage pour se rendre à la capitale.

Le marché central, qui se situe à proximité de la gare, a été dans l’histoire le lieu de stockage des marchandises qui devaient être acheminées dans d’autres contrées. Des produits divers (fruits, légumes…) provenant des communautés rurales voisines de Notto-Diobass, Pout, Fandène y sont vendus.

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