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A la une à Thiès - 31 août 2020

Pages politiques du Livre de TAS – Les Sall manoeuvres de Macky aux Locales 2014…

La liste rouge de Macky Sall

“Mon limogeage du ministère des Infrastructures fut présenté comme la conséquence d’une défaite aux élections locales à Thiès, aggravée par une rébellion contre le parti que j’aurais organisée en présentant dans deux des trois communes de la ville, des listes dissidentes qui ruinèrent les chances minces de la coalition au pouvoir.
A l’approche des locales, le Président avait édicté une règle : les titulaires de fonctions nominatives dans la haute administration qui perdraient les élections dans leurs localités seraient remerciés. Eu égard au défi immense que représentait la victoire dans la commune de Thiès ouest où votaient des leaders politiques nationaux de premier ordre, dont Idrissa Seck, je figurais en tête de la liste des sursitaires. Au demeurant, Macky Sall savait exactement qui il désignait de la sorte pour une liquidation prochaine. Grand amateur de sondage, il avait une assez bonne lecture de la situation dans les localités qui l’intéressaient au premier chef. Ses proches collaborateurs savent avec quelle régularité il commande ces enquêtes d’opinion. A l’expérience, je dois reconnaître que les prévisions ont été très largement corroborées par les résultats des urnes et ce, depuis le temps de l’opposition. Mais au delà des prévisions, il avait sa liste rouge de responsables à éloigner des sphères de responsabilités pour diverses raisons. Ainsi venu à Thiès quelques semaines avant le début de la campagne électorale pour lesdites élections, il avait reçu des membres de ma famille pour les informer de mes refus répétés d’obéir à ses instructions.

Ces candidats du cercle familial choyés…

Pour tout observateur objectif, en deux ans, la réalité politique sénégalaise n’avait pas connu de modification significative, dans les grandes villes notamment, pour espérer des renversements spectaculaires de majorités. Emule d’Abdoulaye Wade, Macky Sall entendait saisir cette opportunité pour, à défaut de faire gagner ses fidèles partout, affaiblir les moins malléables de ses compagnons. A cet effet, il s’investit intensément dans les localités où des profils politiques dévoués à sa personne se présentaient. Au premier cercle de ces candidats choyés figuraient les parents (frère, beau-frère, oncle…) où féaux à divers titres et qui, comme tels,, lui seraient d’une fidélité à toute épreuve.
Pour faire place au beau-frère, le maire de Saint-Louis de 2009 à 2014 et ministre depuis 2012, Cheikh Bamba Dièye, fut sommé sans ménagement de céder son écharpe ou être démis. L’offre du maire sortant, qui avait élu en 2009 contre le candidat du Président Wade, d’une liste dirigée par lui et ouverte à des responsables de la coalition au pouvoir dont il était théoriquement membre, fut repoussée avec dédain. Saint-Louis devait revenir au beau-frère, qui d’ailleurs disposait de coudées franches dans la confection des listes dans toute la région de Saint-Louis, excepté le tumultueux département de Podor. Le même procédé fut utilisé à Guédiawaye et à Pikine pour débarquer avec une égale délicatesse des alliés au profit du frère fraîchement accouru de Chine pour la soupe et l’Oncle : des réunions au sommet au Palais puis des coups de téléphones assénés aux responsables velléitaires accompagnés de promesses de nominations à des postes après les élections. D’autres responsables se retrouvaient dans ce cercle, en ce qu’ils témoignaient à l’égard du Président une docilité définitive, au point qu’ils le soutiendraient dans ses positions les plus renversantes.

 Listes concurrentes à Thiès et Fatick…

(…) A Thiès, nos chances de remporter les élections étaient faibles. Nos divisions les réduisirent à néant. Comme presque partout ailleurs, l’absence de structuration du Parti au pouvoir l’APR et d’un leadership local incontesté participa à rendre difficile la confection des listes consensuelles. Le responsable de base considère les élections locales comme ses élections: l’opportunité d’avoir une première consécration en devenant conseiller municipal. De plus, les rivalités entre militants issus d’un même quartier et revendiquant chacun un meilleur ancrage exacerbent les différends et fait de la confection de listes un véritable casse-tête. Dans la ville de Thiès il y eut dans deux communes de listes concurrentes issues du camp présidentiel. A Fatick, dans la ville du Président trois listes se réclamant de l’APR se disputaient le suffrage des électeurs.

Lorsque plus tard, le Président me reprocha d’avoir parrainé des listes parallèles, je lui répondis qu’on pouvait en dire autant sur lui parce que les deux listes dissidentes de Fatick avaient été portées par des responsables proches de lui.

…Et autre défaite mise au crédit de TAS

Nous perdîmes les élections locales à Thiès, avec un écart si faible que le camp du Rewmi eut le triomphe modeste. Sous le régime de Wade, le PDS peinait à gagner un seul bureau de vote sur l’ensemble des trois communes de la ville. Durant les élections de 2014, nous avions remporté des centres de vote et étions passés tout près d’une victoire dans la commune de Thiès ouest où militaient de nombreuses figures nationales du PDS, de Rewmi (dont Idrissa Seck) et de l’APR (moi-même). Nos luttes intestines féroces nous avaient privés d’une victoire possible, des responsables ayant fait voter leurs militants, contre notre liste commune, pour me rendre la monnaie des listes dissidentes que j’aurais parrainées dans leurs communes de Thiès nord et sud. La défaite fut mise à mon seul crédit tandis qu’une victoire aurait été revendiquée par chaque responsable. Des militants de l’Apr manipulés par un de mes éternels contempteurs dans la ville, rallié comme il se doit à l’APR après la victoire de Macky Sall en 2012, tinrent des conférences de presse quotidiennes pour réclamer mon départ. Un journaliste travaillant pour un quotidien à fort tirage, aux liens troubles avec le parti Rewmi, y allait de son analyse tendancieuse pour aider à écarter une relève possible contre Idrissa Seck. Le marigot politique sénégalais dégageait en ce mois de juin 2014 des odeurs nauséeuses”.

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