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Musique à Thiès : qui pour la relève ?



Si la musique et le théâtre étaient des personnes bien vivantes, et toutes les deux thiessoises, l’une aurait dit à l’autre, sans doute d’un ton mélancolique : «  vous êtes aujourd’hui, ce qu’autrefois je fus » ! Chiasme bien connu, mais pour notre sujet, reflet exact de la réalité.

Thiès info veut profiter de la célébration de la fête de la musique qui se tient aujourd’hui pour s’interroger sur la situation de la musique et  des musiciens de Thiès pour créer un déclic et la relancer. Décadence, léthargie ou recul ?

Dans tous les cas, c’est tout le contraire de ce qui se passe avec le théâtre où les succès des troupes et des comédiens donnent même une impression de monopole au niveau national.

Pourtant, la ville de Thiès a connu des années de gloire en musique qui datent même de la colonisation.

En effet, étant la ville la plus proche de Dakar en ces temps et celle où il y avait le plus de blancs  avec les camps militaires de la base du 10ème RIAOM, elle s’était occidentalisée avec des orchestres et des lieux comme le night club GUY GUI au quartier le plus proche DIAKHAO, non loin de chez Ami Balla TALL rendue célèbre par la cantatrice Ndèye Seck Signature.

 Parmi les premiers groupes dés 1945/47, le « FANDENE JAZZ »  créé par Michel Diouf, Babacar Ndione et Abdoulaye Seck, devenu «XANDIRANE JAZZ » pour enlever la connotation ethnique (sérère) du nom.

A-t-on déjà oublié les tubes comme « Aminata Ndiaye » d’Abdoulaye Ndiaye Cossan, « Radio Sénégal » de Kounta Mame Cheikh ?

Le saviez-vous que Thiès a abrité avec Moussa Diallo du « SANGOMAR NIGHT CLUB »le 1er studio d’enregistrement avec 4 pistes du Sénégal ? Que les 1er succès du BAOBAB et du NUMBER ONE ont été d’abord enregistrés à Thiès ?

Que le ROYAL BAND a été pendant longtemps au sommet de la pyramide ?

La réalité est que, de 1970 à 1990, Thiès a été supplanté par Dakar, avec principalement le STAR BAND de Ibra Kassé, LE BAOBAB, le NOMBER ONE, et le DIAMANO devenu SUPER DIAMANO.

Il a fallu attendre 1994 / 95  pour qu’il y ait une sorte de renaissance avec la sortie en cette même année de plusieurs albums avec d’abord Ibrahima Mbaye et le Super Dialia (jongama yi), Khalifa Gueye (rouba) ensuite Dialy Ibrahima Seck et Fatou Mbaye, Ndèye Seck signature, Marie Ngone Ndione, le Royal BAND devenu Super Royal avec Sekka et maintenant les Damels, le Super Cayor qui avait malheureusement ajouté « de Dakar » même si tous les musiciens éraient de Thiès, et après le groupe WA Flash, qui a fait la fierté des thiessois.

Cette musique semble donc aujourd’hui malade, ou du moins n’a plus l’éclat de ces années d’ivresse artistique!

Est-ce un mal national ? Dans tous les cas, Thiès info pose le problème. Il le pose aux artistes et aux autorités. Aux premiers il demande de faire plus d’efforts dans la recherche, l’originalité, le travail technique pour la maîtrise des instruments et de la voix, et aux autres de donner les moyens matériels et financiers (infrastructures et subventions), de diminuer les taxes pour que les promoteurs aient davantage envie d’organiser des spectacles avec moins de risques de faillite. 

En définitive, c’est la relève qui doit être assurée ! Waly 2, Pape Mbaye, petit fils de Ablaye Ndiaye Cossan et Ndongo Lo sont bien là, mais devront d’abord  se trouver une identité propre au lieu de vouloir ressembler à…………….


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