Alioune Badara Niang 845x475 - Hommage à Alioune Badara Niang
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A la une à Thiès - 6 août 2020

Hommage à Alioune Badara Niang

Rendre hommage à cet illustre combattant de la liberté, un panafricaniste hors pair
me sera difficile en cinq minutes. C’est le défi que je compte relever pour mettre
en exergue les qualités exceptionnelles de ce baobab qui vient de tomber avec les
armes. J’espère qu’on a dépassé le nombre de 10 personnes parce qu’on est des
centaines tous venus pour Badara.
Avant mon propos, je tiens à vous remercier vous tous qui êtes là et qui avez osé
venir l’accompagner à sa dernière demeure malgré les vicissitudes de la vie
Pour avoir été un confident un compagnon et un fils, témoigner en ce jour est pour
moi un devoir cathartique. Sortir ce que j’ai sur le cœur me soulagera, à défaut
d’éteindre ma douleur, cette douleur qui nous étreint tous.
Nous nous sommes connus il y’a 37ans quelque part à Paris dans un restaurant de
la Gare de Lyon. J’avais 25ans et lui en avait le double : 50ans. On ne s’est jamais
quitté malgré des hauts et des bas qui n’ont jamais laisser de traces qui puissent
altérer notre estime réciproque. Il m’a raconté sa vie première celle que je n’ai pas
connu. C’est pour cela que j’ai l’habitude de dire à nos proches « Lou wa keureum
xam si mom xam nako té li ma xam si mom wa keureum xamou niou ko » (Je sais
ce que sa famille sait de lui et sa famille ne sait pas ce que je sais de lui).
Voilà pourquoi il m’importe de dire la vérité rien que la vérité en ce jour de vérité.
Il a été de tous les combats pour la démocratie au Sénégal et en Afrique. Homme
politique sans commune mesure. Il a d’abord été au BDS puis membre des
jeunesses socialistes de Senghor avec le défunt Mbaye Jacques Diop avant de
rencontrer Maître Abdoulaye Wade dans les années 70. Il créa avec lui le PDS en
1974 et entama la longue conquête du pouvoir face à Senghor et Abdou Diouf
jusqu’en 2000.
Que de sacrifices, que de désillusions, que de trahisons, que d’incertitudes que cet
homme a enduré sans oublier la séparation avec femmes et enfants et l’exil forcé.
Panafricaniste convaincu, il s’est impliqué dans la lutte pour la libération du
Polisario, contre l’Apartheid en Afrique du Sud avec Mandela, en Angola au côté
d’Agostino Neto, dans la guerre d’Algérie avec Sr Ahmed Ben Bella, le père de
l’indépendance Algérienne qui était pour lui un grand frère, un ami, une référence
sans oublier ses périples à travers l’Afrique et le Moyen Orient notamment en Irak
chez Sadam et en Libye aux côtés de Kadhafi. C’est cet homme là qui a connu
l’exil pour ces nobles causes que le Sénégal vient de perdre. Malgré cette longue
traversée du désert, il a été fidèle à Maître Abdoulaye Wade et aux idéaux du PDS.
Il a été de tous les combats pour l’alternance et sa partition pour la survie de son
parti a été déterminante pour la victoire de tout un peuple en 2000.
Cet homme a traversé les frontières avec des risques incommensurables pour faire
vivre ce parti qu’il chérissait tant. Il a bravé la faim, la solitude, les interdits, les
trafics pour l’accession de Maître Wade à la Magistrature Suprême. De tous les
compagnons d’Abdoulaye Wade c’est lui qui lui est resté fidèle jusqu’au bout. Il
était la cheville ouvrière de cette grande bâtisse qu’est le PDS car l’argent
représentait le nerf de la guerre. Et pourtant malgré ce parcours héroïque, point
d’institutions, point de poste ministériel, point de mandat électif, en un mot point
de reconnaissance.
Il n’a jamais été décoré par la Nation, cette nation qui a eu à honorer tant de
personnes au parcours douteux et moins méritant que cet illustre homme. Une
grave erreur dans l’histoire que Son Excellence le Président Macky Sall à qui je
lance un appel solennel en ce moment solennel doit réparer. Homme d’une
discrétion et d’une fidélité légendaire, ce serait pour lui-même à titre posthume,
un acte que l’histoire retiendra parmi tant d’autres déjà à son actif.
Mais hélas que Dieu est juste c’est dans les années 2000 qu’il a eu à rencontrer un
homme de valeur, Ivoirien de naissance et Sénégalais par le cœur, un digne fils
d’Afrique je veux nommer Monsieur François Bakou, PDG de Amsa Assurance.
Sa rencontre avec cet homme a changé sa vie grâce à l’entregent de Maître Bourgi
qui lui a proposé de travailler avec lui dans les assurances avec l’accord bien sûr
du Président Wade.
Depuis 10 ans François s’occupe d’Alioune Badara Niang comme son père, il se
soucie de sa santé lui rappelle ses rendez-vous, surveille son hygiène de vie,
achète ses billets d’avions, ses ordonnances, ses séjours de Paris, et j’en passe. La
Famille se joint à moi pour vous remercier au fond du cœur pour tout ce que vous
avez fait pour notre papa. Je remercie au nom d’Alioune Badara Niang Son
Excellence le Président Macky Sall pour son estime, son respect et sa
reconnaissance envers lui depuis 2012, le Président a demandé à François de
veiller sur leur père à eux et même de redoubler tous ces avantages afin qu’il ne
se plaigne de rien. Messieurs et Dames je vais conclure avec une anecdote ;
l’humilité d’Alioune Badara Niang est telle que je lui ai toujours demandé d’écrire
ses mémoires mais il m’a inlassablement répondu « écrire c’est dire la vérité et si
je le fais beaucoup de mythes vont tomber » et il a ajouté « Je ne veux pas détruire
ceux que j’ai créés de toutes pièces ». Badara, un homme du monde avec des
qualités humaines extraordinaires, rassembleurs et généreux a terminé sa mission
sur terre. Beaucoup se sentiront coupables aujourd’hui mais je sais qu’au fond de
lui il les a pardonnés.
QUE LA TERRE DE BARGNY LUI SOIT LEGERE.
Le fils, l’ami, le compagnon, David Mboup

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