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A la une à Thiès - 23 juin 2020

FONCIER : “Les terres et forêts de Thiès gravement atteintes” Selon Juge Ibrahima Khalilou Dème

« A l’instar des autres régions du pays, Thiès pas épargnée par la boulimie et la prédation foncières ». C’est le constat fait, à la faveur d’un point de presse, par le Cadre citoyen contre la spoliation foncière à Thiès.

Selon Juge Ibrahima Khalilou Dème et ses «frères» et «sœurs» de lutte, « En effet, depuis 2000, une pression foncière sur le domaine national et même sur le domaine public a gravement porté atteinte à nos terres et nos forêts ». Et « Malgré les promesses faites en 2012, de rétablir la bonne gouvernance foncière, cette situation a empiré ».

A en croire les membres du Cadre citoyen contre la spoliation foncière à Thiès, « La ville de Thiès et ses trois communes qui la composent, sont actuellement au cœur d’un bradage et d’une spoliation foncières sans précédent. Des domaines publics constitués par des espaces verts, des réserves forestières, des espaces non aedificandi, sont morcelées sans tenir compte de l’impact sur l’environnement et l’écosystème, notamment les inondations qui sont devenues préoccupantes dans la ville. Et pour couronner le tout, de pauvres citoyens sont dépouillés de leurs parcelles sous prétexte de non mise en valeur par une procédure de désaffection manifestement illégale et dépourvue de toute utilité publique. Toutes ces parcelles sont purement et simplement vendues par les communes ou attribuées à des personnalités avec la complicité de l’administration locale, qui n’exerce pas conformément à ses missions, son contrôle de légalité ».  

Et de poursuivre : « Mais le cas le plus urgent et dans lequel on veut mettre les populations de la ville de Thiès devant le fait accompli, est la bande de terre partant de l’entrée de la commune de Thiès, longeant  le quartier grand standing et allant jusqu’à la gare routière sur la route nationale numero 2, qui a été morcelée et vendue. Si cet aménagement, qui devait constituer un bois de ville à la suite des travaux de Thiès réalisés pour la fête d’indépendance de 2004 est transformé en maisons et commerces, c’est tout le visage de Thiès qui va changer et le plus important espace vert qu’on va encore nous priver. Or, la réforme constitutionnelle de 2016 avait consacrée la reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens, notamment le droit à un environnement sain sur nos patrimoines fonciers. En plus, le Schéma Directeur d’Aménagement Territorial de 2015, recommandait que les communes devront contribuer à la création d’espaces verts par l’aménagement d’un jardin public communal dans chaque commune ».

« Pour nous rétablir dans nos droits », le collectif composé des organisations politiques et citoyennes suivantes: And Sopi Thiès, Ensemble, FDS, Pastef,  PUR, République des Valeurs, Rewmi, Takhawu Sénégal ( ordre alphabétique) du mouvement Y’en a marre et de collectifs de quartiers, a décidé : d’une part, « d’exiger la publication du procès-verbal de désaffection et de réaffectation des parcelles dans toute la ville de Thiès » et d’autre part, de « saisir la Cour Suprême en référé pour faire cesser les violations graves des droits fondamentaux des thiéssois ».

Et d’appeler, par conséquent, tous les habitants de Thiès à « la mobilisation pour la préservation de leur patrimoine actuel et celui des futures générations et l’amélioration de leur cadre de vie ». Selon Juge Ibrahima Khalilou Dème, « C’est une question de justice sociale, et de justice tout court ».

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