A la une à Thiès - 7 mars 2020

Femmes du Marché Grand Thies: Invitées du 08 Mars 2020 sur Thies info

Invitée du 08 Mars 2020 sur Thies info N°1

A l’occasion de la célébration de la journée internationale du 8 mars, dédiée à la Femme, notre reporter Kadia Sall a rencontré deux responsables du marché Grand Thiès, des amazones qui ont repoussé les limites de leurs possibilités  sociales,  pour  émerger. Reportage … 

 Du train Dakar –Mali, au littoral…

Adja Maty Niakh, responsable des femmes s’est épanchée sur l’autonomisation, le rôle central  de la femme, dans l’honneur. » Essayons de garder et préserver notre dignité. Je suis heureuse de reparler de ma trajectoire. Cela me fait un réel plaisir ! J’étais en ménage, très jeune avec mes coépouses et j’ai estimé que je ne pouvais pas seulement me réduire aux tâches  ménagères. J’avais alors décidé d’aller acheter des agrumes (fruits exotiques ), amenées , par le train-express de Mali-Dakar. Pendant un certain temps et avec l’usure du temps, j’avais décidé de m’installer au point, sis au rond -point de l’hôpital régional (actuel Amadou Sakhir Ndiéguène). Il en fut ainsi, jusqu’au jour où elle rencontra à Médina Fall, un certain Mbaye Sow qui, « on peut dire sans nous en glorifier  à ma sollicitation et à celle de Seynabou Faye que nous avions contribué à la mise en place du garage de taxis- clandos. Ces opportunités qui,  qui depuis 30 ans, aident les vendeuses à s’approvisionner en ville. Plus tard, la chance lui sourit, puisqu’ ‘ un jour  « un Baba Mboup, un vendeur en gros, m’apportait des manques que je revendais à l’hippodrome de Cité Senghor. » Pendant, les jours de courses, c’était la fête :  » les gagnants m’offraient de l’argent, parfois de gros billets de banques « . Se souvient- elle avec nostalgie. Mais, un jour, mon mari qui ne voulait pas que je m’habitue à l’argent m’interdisait, de ne plus fréquenter les champs de courses et j’ai dû me résigner « .  Pour combler ce manque à gagner, l’homme  lui acheta une machine à coudre et lui trouva un apprenti pour la seconder. Au bout d’un certain temps, elle trouva que le travail ne marchait pas et elle finissait par ne plus coudre. Mon mari qui ne voulant pas voir éclater un conflit de famille pour si peu, m’autorisa de nouveau à retourner à mes activités commerciales.

Au marché, je vendais des tissus et des artifices de femme sur  un petit plat à mes heures creuses dans la ville. Et, la dame Niakh de narrer cette période faste où elle pouvait se permettre « de se payer une chaîne en or  de 175.000 Fcfa, qui lui tombait aux chevilles ». Revenue au marché, Maty reprenait son train, ressentait les effluves de son environnement d’antan, s’en délectait…Elle reprenait le littoral, la petite-côte : Diogo, Mboro, Fass-Boye puis, Mbour , Joal etc… La baraka…
 » Aujourd’hui, s’exclame t- elle, je remercie le bon  Dieu, puisque je suis pratiquement partie de rien. Avec mon modeste travail, j’ai pu acheter une parcelle, construit une terrasse. « . Elle dit aussi s’être rendue deux fois aux pèlerinages à la Mecque, à ses frais .Elle a aussi  emmené sa mère aux Lieux Saints de l’Islam et intercédé pour le mari d’une de mes amies à faire le pèlerinage avec sa petite table.Mais quel est donc le secret de ces vendeuses ? Pour répondre à cette question,  Maty lève un coin de voile : « ,  Je dois expliquer que j’avais commencé à faire des emprunts bancaires après avoir crée 25 groupements de femmes. Elles étaient  débitrices de crédits,  puis, des contraintes de tous ordres, m’obligèrent à dissoudre cette association ». Aujourd’hui, la banque est venue vers nous pour travailler. Nos membres reçoivent  des crédits de 150 à 200.000Fcfa sont accordés et qu’elles remboursent quotidiennement, sans difficultés. Pour parler de la réussite en affaire, elle pense d’abord que c’est d’abord l’accomplissement d’une bénédiction « barkeel » et cite pour exemple  l’histoire du Prophète qui avait commencé à faire du commerce pour notre Mère Khadîdja. » Quiconque évitera l’usure,  marchera sur ces traces, en recevra la bénédiction » dit-elle.

 Sur les difficultés d’écouler leurs ventes, les vendeuses pointent du doigt, le grand marché de surface, Auchan qui leur a ravi la clientèle.Yacine est d’avis, qu’elle ne sont pas les seules impactées. » Même le marché central où les vendeurs s’approvisionnent, sont frappés de plein fouet par cette concurrence. »Nous ne sommes pas plus chers qu’Auchan, je peux même dire que nous vendons moins chers et nous pensons que certains s’y rendent, c’est dans le souci  » du m’as-tu vu ? « , une certaine volonté de » paraître important aux yeux des autres ». 

Aujourd’hui, explique Maty Niakh, responsable des femmes, fait un aperçu sur le fonctionnement du marché. Les mareyeurs et les vendeuses de poissons, de légumes ont besoin de chambres frigorifiques. »Cependant, lors du Cleaning day, la ministre Ndèye Tické Ndiaye nous avait remis 50.000 F et du matériel d’usage pour nous encourager. Nous tendons donc la main au chef de l’Etat et à Mme Faye Sall. » Enfin, elles  sollicitent un  appui institutionnel conséquent en faveur des femmes pour financer leurs activités et diminuer les impôts et taxes qu’ ‘elles jugent trop lourdes pour leurs revenus. »  

Yacine, la battanteAuparavant, Yacine Sarr est  vendeuse et habite le quartier Cité  Lamy  sous le feu roulant de notre reporter, débite sa trajectoire : Elle est au marché, depuis plus de 20 ans et considère ce travail comme un leg parental. » J’avais débuté mes activités professionnelles comme femme de ménage. Vu la modicité de mes revenus, j’avais décidé de changer de métier. C’est ainsi que je me suis rendu   Kayar, une zone de pêche avec la somme de 25.000 Fcfa, pour me lancer résolument dans la vente de légumes. A cette époque -là, cette somme était importante, sur le plan des échanges. J’avais débarqué au marché central et étalé ma marchandise devant un rabatteur du nom de Seuwrou Kane. En tant que novice, j’étais un peu déboussolée. Quelques minutes plus tard, après avoir comptabilisé et noté la valeur, il se chargea de la vente au près des vendeuses de Touba et Diourbel, s’approvisionnaient à Thiès. A trois heures de l’après -midi , j’avais reçu le produit de la vente et, après avoir fais mes provisions, je rentrai à la maison. » Ainsi, elle remboursa le même jour les 25.000Fcfa empruntés à sa mère qui contente et  impressionnée de sa prouesse, la bénit . Yacine se rendait partout où elle pouvait acheter et en tirer un certain profit : à Mboro, Diogo, Fass Boye etc. Comme l’appétit vient en mangea, elle se lancé aussi dans la vente de produits halieutiques , fort prisés par les ménagères .A la veille des grandes fêtes, elle changea de fusil d’épaule, allant acheter en Mauritanie,  du henné, des parures de pacotille qu’elle vendait dans la région nord, au Fouta . (vidéo)

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