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En fait, c’est quoi le QNET? Le phénomène vécu en côte d’ivoire



Ce qu’en dit un site ivoirien

Tout nouveau tout beau. C’est un adage bien connu en Côte d’ivoire. Comme le phénomène des placements d’argent en son temps, le nouveau concept de marketing dénommé QNET fait rêver des milliers d’ivoiriens. Et pourtant, plusieurs d’entre eux ignorent le fondement de ce business. Pour ces derniers, ce qui compte, ce n’est pas le risque de se faire duper dans cette nouvelle affaire mais plutôt la possibilité de devenir riche tout de suite sans trop se casser la tête. c’est une activité qui pour beaucoup apparaît comme une autre forme d’escroquerie.

Pour commencer, il est bon de situer les lecteurs sur l’origine du QNET avant d’en parler en profondeur. L’objectif de cet article n’est pas tant de dénigrer les promoteurs de cette activité mais plutôt de donner le maximum d’informations aux populations d’ici et d’ailleurs qui veulent comprendre avant de s’engager.

Pour rappel, c’est dans les années 98 que l’entreprise américaine Quest-NET a vu le jour aux États-Unis. Aujourd’hui connu sous le nom QNET, c’est en 2007 que cette structure va se révéler au grand jour en Côte d’ivoire. A l’origine, QNET était formé de deux mots : « Quest » et « NET ». Quest signifie quête d’un trésor, voyage vers un idéal. Mais ce premier terme, selon une philosophie asiatique, désigne aussi un vase mystique (le Graal), censé produire indéfiniment et miraculeusement des denrées alimentaires à son détenteur. Quant au second terme, plus connu, c’est le diminutif du mot anglais « Network » qui en français signifie Réseau. Ce terme renvoie aujourd’hui à Internet. En résumé, QNET signifie quête de la richesse inépuisable.

Aujourd’hui, les promoteurs du QNET présentent leur activité comme un marketing de réseau. En effet, contrairement aux grandes entreprises, le QNET n’utilise pas les canaux classiques pour écouler ses produits. Ceux-ci sont accessibles via Internet et ne font jamais l’objet de publicité. Pour ses promoteurs les fonds qui auraient pu servir pour la publicité et l’entreposage sont directement redistribués aux clients qui ne sont rien d’autres que les promoteurs eux-mêmes. Ceux-ci sont automatiquement considérés comme promoteurs des articles pour le compte de l’entreprise après un achat. Il est bon de rappeler que pour adhérer à ce réseau il faut obligatoirement acheter un produit au sein de la firme. La où est le problème, c’est que le prix du plus petit article chez QNET est au dessus des 300.000 francs CFA. 

Ce qui fait rêver les adeptes de cette nouvelle structure, c’est la possibilité de pouvoir parrainer d’autres clients. Selon l’un des responsables de cette boite rencontré à Yopougon, le client qui parvient à faire venir 6 autres acheteurs a la possibilité d’empocher environ 192 euros soit 125 000 francs CFA par semaine comme commissions. Vous comprenez donc le zèle dévorant des promoteurs des produits QNET sur les bords de la lagune Ebrié. Cependant, trouver six affiliés, c’est-à-dire convaincre six autres personnes à acheter un produit qui coûte plus de 300 000 francs CFA n’est pas une mince affaire, par ces temps qui courent. Il faut être doté d’un excellent esprit de marketing et d’une fine bouche pour en arriver là.

Alors que les admirateurs du QNET y voient une activité lucrative pouvant permettre de résorber le grand nombre de chômeurs en Côte d’ivoire, plusieurs autres y voient plutôt une autre stratégie d’escroquerie pour spolier les pauvres populations qui ont déjà du mal à joindre les deux bouts. En effet, selon un expert de la haute finance, devenir financièrement indépendant à partir de cette activité relève d’une véritable utopie compte tenu du fonctionnement même du réseau. Pour cet expert, le système QNET fonctionne sur la base d’un réseau pyramidale dont seuls les initiateurs (ceux qui sont au bout) bénéficient des retombées. 

Pour ce financier, ce système est une forme d’escroquerie puisque le bénéfice ne provient pas des ventes comme avancé mais plutôt du recrutement des nouveaux membres. Par ailleurs, il avance que les membres à la base ne pourront jamais atteindre le sommet puisqu’il s’agit d’une pyramide. L’ascension au sommet n’est donc pas possible à tous sinon à quelques privilégiés. De même, ce haut cadre démontre que le marketing de réseau est un marketing de contrainte. Dans un premier temps, l’adhésion oblige les futurs promoteurs à débourser plus de 300 000 francs CFA. Ensuite, pour espérer toucher des primes importantes, l’agent de promotion sera obligé de trouver, à son corps défendant, d’autres adhérents au risque de voir son investissement tomber à l’eau. Il ajoutera par ailleurs, que le marketing de réseau, une fois implanté dans un pays détruit son système économique étant donné qu’il combat les entreprises de publicité et les firmes de distribution de marchandises ainsi que les supermarchés.

Pour lui, cette façon de travailler dans l’ombre entraîne un manque à gagner au niveau des caisses de l’Etat dont les médias sont évités au profit d’un marketing qui se sert d’Internet mais surtout du système de bouche- à -oreille comme si les initiateurs refusaient de payer des taxes et/ou les impôts sur les produits vendus. Pour interpeller les candidats à l’aventure du QNET, le financier révèlera qu’en France, au Canada, aux États-Unis et dans toute l’union Européenne ce type de marketing qui prend de l’ampleur dans notre pays dont l’économie est encore vacillante est proscrit. Pourquoi serait-il donc autorisé ici ? De quoi faire réfléchir les africains.

Toutefois, ce qui pour beaucoup d’ivoiriens est curieux, ce sont les produits QNET eux-mêmes. Bien qu’ils coûtent extrêmement chers, ces articles ne sont pas des produits de première nécessité. En réalité l’entreprise ne commercialise que des marchandises de luxe, médailles, montres, bracelets, pendentifs en or diamant etc. Que faire faire avec ces objets de luxe alors qu’on arrive à peine à manger une fois par jour ? Pour certains, si cette structure qui prétend donner du travail est crédible pourquoi ne vendrait-elle pas des ordinateurs, des réfrigérateurs, brefs tout ce qui pourrait servir dans une maison et surtout pourquoi n’y adhérent t-on qu’après avoir déboursé plusieurs centaines de milles ?


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