En Afrique, les partenaires préférés sont la Chine pour les infrastructures et les Etats-Unis pour la gouvernance (AidData)

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Dans les pays dirigés par les gouvernements autoritaires, Pékin est perçue comme le partenaire le plus impliqué dans le développement. Dans les pays démocratiques, c’est plutôt Washington qui est considéré comme le meilleur partenaire au développement. 

46% des leaders africains ont désigné la Chine comme étant le partenaire préféré dans le domaine de développement des infrastructures sur une liste comprenant les six principaux partenaires économiques du continent, selon un rapport publié le 14 octobre par AidData, un organisme spécialisé dans la recherche sur le développement international rattaché à l’Université américaine William & Mary.  

Intitulé « Delivering the Belt and Road : Decoding the supply of and demand for Chinese overseas development projects », ce rapport se base sur une enquête réalisée en août dernier auprès de 861 leaders africains parmi les responsables gouvernementaux, les parlementaires, les dirigeants d’organisations de la société civile, les chefs d’entreprises privés et les universitaires.

Dans le classement des partenaires préférés dans le domaine du développement des infrastructures, la France arrive en deuxième position avec 16% d’avis favorables, devant l’Afrique du Sud (12%), les Etats-Unis (9%), la Russie (7%) et le Royaume-Uni (4%). 32% des sondés désignent en revanche les Etats-Unis comme étant le partenaire préféré dans le domaine de la gouvernance et de l’Etat de droit, devant le Royaume-Uni (25%), la France (16%), l’Afrique du Sud (9%), la Chine (1%) et la Russie (1%).

Washington est également encore perçu comme étant la puissance économique qui soutient le plus le développement du continent. 79% des leaders interrogés citent les Etats-Unis comme étant le partenaire économique le plus impliqué dans le développement de leurs pays, contre 78% pour la Chine, 63% pour le Royaume-Uni, 61% pour la France, 21% pour la Russie et 20% seulement pour l’Afrique du Sud.

Accès au financement avec moins de conditions

La perception de Pékin et de Washington varie cependant en fonction des types de gouvernements qui dirigent les pays africains. Dans les pays du continent considérés comme étant des démocraties, les Etats-Unis (82%) devancent largement la Chine (75%) comme puissance la plus active en matière de soutien au développement. A l’inverse dans les pays classés comme étant peu démocratiques, c’est la Chine qui est considérée comme étant la puissance qui soutient le plus le développement, avec 81% d’opinions favorables contre 77% pour les Etats-Unis.

L’enquête révèle d’autre part que 35% leaders africains pensent que leur pays devrait adopter leurs propres modèles de développement au lieu de copier le modèle d’un autre pays. Et parmi les répondants qui préfèrent s’inspirer d’un autre modèle, 22 % citent la Chine contre 14% pour les Etats-Unis, 7% pour le Royaume-Uni, 2% pour la France et 1% pour la Russie et l’Afrique du Sud. En ce qui concerne leur perception de l’initiative chinoise des « nouvelles routes de la soie » (Belt and Road Initiative /BRI), plus de 80% des leaders africains ont déclaré que Pékin a financé davantage de projets dans leur pays au cours de la dernière décennie.

Les principaux avantages du partenariat économique avec la Chine cités par les sondés sont l’accès au financement avec moins de conditions (48 %), l’alignement plus étroit sur les priorités nationales de développement (43 %) et les conditions financières plus favorables (39 %). Les inconvénients les plus cités de ce partenariat concernent le fait que Pékin accorde moins d’importance au renforcement des capacités des partenaires locaux pour soutenir les projets à long terme (37 %), le manque de transparence en ce qui concerne les financements, les conditions d’exécution et les progrès des projets (34 %) et la qualité modeste des projets (25%).

Ecofin

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