Chenilles comestibles : un rapport identifie les espèces potentielles pour l’élevage en Afrique subsaharienne

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Les analyses nutritionnelles des chenilles comestibles séchées montrent qu’elles recèlent une proportion moyenne de protéines allant jusqu’à 63,5% pour une la valeur énergétique 457 kilocalories par portion de 100 grammes.

Le développement de l’élevage des chenilles comestibles en Afrique subsaharienne est susceptible de contribuer à la sécurité alimentaire et au bien-être nutritionnel des populations locales, ont estimé des chercheurs de l’Université de Liège dans un rapport publié le 29 septembre 2022. Intitulé « Consommation humaine d’insectes en Afrique subsaharienne : Lépidoptères et espèces potentielles pour l’élevage », ce rapport précise que les chenilles, appelées également  larves de lépidoptères (les lépidoptères sont un ordre d’insectes holométaboles dont la forme adulte ou imago est communément appelée papillon,  la larve est appelée chenille, et la nymphe chrysalide), représentent 31% des espèces d’insectes comestibles  en Afrique sur un total de 472 espèces identifiées. 

Elaboré par une équipe de chercheurs, le rapport indique que la récolte sauvage est jusqu’ici la principale source d’approvisionnement en chenilles au Sud du Sahara, même s’il existe quelques tentatives de semi-élevage. Les analyses nutritionnelles des chenilles comestibles séchées montrent qu’elles recèlent une proportion moyenne de protéines allant jusqu’à 63,5% pour une la valeur énergétique de 457 kilocalories (kcal) par portion de 100 grammes. D’où l’intérêt de valoriser ces chenilles pour commercialiser des produits permettant de proposer des sources de protéines alternatives et de contribuer ainsi à la sécurité alimentaire.

Trois espèces particulièrement intéressantes

Alors la disponibilité des chenilles dans la nature varie en fonction des saisons, des régions, des conditions climatiques et de la présence des plantes hôtes, le développement de fermes d’élevage intensif pourraient permettre une production tout au long de l’année.

Le rapport révèle par ailleurs que la plupart des espèces de lépidoptères dont les larves sont largement consommées en Afrique subsaharienne ont un seul cycle de reproduction par an. Certaines espèces telles que les chenilles Imbrasia belina, Bunea alcinoe et les papillons de nuit africains Gonimbrasia zambesina, Gonimbrasia krucki, Gonimbrasia cocaulti et Gynanisa nigra peuvent cependant se reproduire deux fois par an, tandis que d’autres comme le ver à soie Eri sont capables de se reproduire plusieurs fois sur une seule année. Les chercheurs de l’Université de Liège ont cependant identifié cinq espèces très appréciées en Afrique subsaharienne qui peuvent faire l’objet d’un élevage intensif : A. infracta, A. rectilinea, C. forda, C. butyrospermi, E. lactea et I. belina.

Parmi ces cinq espèces, trois sont particulièrement intéressantes, en raison de leur disponibilité pendant de longues périodes de l’année et de leur dynamique de reproduction rapide. Il s’agit des espèces A. infracta, A. rectilinea et I. belina, dont les œufs mettent moins de deux mois pour atteindre le stade de chenille. Le rapport recommande cependant de réaliser des études supplémentaires sur les aspects sociaux-économiques de l’élevage intensif des chenilles comestibles, car si le potentiel commercial de cette activité a été déjà démontré, la rentabilité des fermes d’élevage d’insectes n’est pas encore confirmée.

Ecofin

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