Avec Pape Diouf, le Covid-19 vient de faire…

Avec Pape Diouf, le Covid-19 vient de faire sa première victime

L’emblématique Pape Diouf tire sa révérence

C’était donc lui le « cas grave » ! On se doutait bien qu’il allait se passer « quelque chose », mais qui aurait pensé à une figure aussi emblématique du football, africain et français ?
Puisqu’il ne s’agit pas de continuer de le pleurer ou de se plaindre, puisqu’il ne s’agit pas d’un citoyen ordinaire, mais surtout, puisqu’il s’agit de la première victime du coronavirus au Sénégal, il s’agit d’en titrer au mieux les enseignements qui s’imposent.
Un monument du football qui s’effondre, quels enseignements ?
Dans le monde entier, les medias ont relayé la triste nouvelle. Qui pourrait désormais douter de l’existence de la maladie ? Cette question est loin d’être saugrenue, ne serait-ce qu’au regard de l’attitude de cet écervelé de la banlieue dakaroise  qui s’est échappé de son lieu de confinement pour aller contaminer sa femme et son enfant de 2 ans.
Mondialement connu, la mort Pape Diouf nous rappelle aussi à tous,  notre dimension humaine, riche ou pauvre, célébrité ou citoyen lambda.
Au vu de tous les témoignages cependant, ce sont surtout ses qualités humaines qui ont été louées, confirmant par son existence, l’adage selon lequel « on ne vaut pas par ce que l’on possède, mais par son degré d’utilité dans la société. »
Qui était-il ?  Comment a t-il vécu ?
Né à Ndjamena au Tchad, le 18 décembre 1951, où son père militaire était en service,  Pape Diouf est retourné à 6 mois au Sénégal, et a passé la plus grande partie de son enfance à Saint-Louis, ville natale de sa mère, et Dakar, avant de partir à 17 ans en France, précisément à Marseille.
  Pour résumer sa carrière fantastique, retenons seulement qu’il a été journaliste sportif, agent de joueurs comme Abedi Pelé, Marcel Dessai , Didier Drogba etc, et surtout Président de l’ OM de 2005 à 2009 .
Le secret de sa réussite ?
Emigré comme tous les autres africains, mais ayant déjà la nationalité française de par son père, Pape Diouf n’était pas « entre » deux cultures, occidentale et africaine, mais « avec » les deux, et l’a expliqué : « Après quarante-quatre ans de vie dans la cité phocéenne,…. je me sens aussi profondément Sénégalais ». Et de poursuivre : « La double culture, c’est deux mondes différents qui s’interpénètrent. C’est d’abord l’acceptation de l’autre, puis la compréhension et la connaissance de la meilleure partie de l’autre. A l’inverse, le rejet – et n’ayons pas peur des mots, le racisme – naît souvent de l’ignorance. J’en suis un exemple vivant. »
Une fierté pour tous les noirs

Président d’une équipe aussi prestigieuse que Marseille, il est à ce jour le seul Noir qui ait jamais occupé ce poste en France, et en Europe. Et pourtant, c’était, de sa propre bouche : « 95% de problèmes et 5% de bonheur » ; mais il avoue que  le défi était à relever pour sa race : « Dans un pays fermé comme la France, il n’y a pas un seul Noir ou Arabe à la tête d’une entreprise du CAC 40 ou d’un ministère régalien, à Taubira près. Si je peux démystifier les clichés et montrer que les Noirs ne sont ni meilleurs, ni pires que les autres, alors je serai heureux. »

Sa philosophie ?

Lorsqu’il a pris la direction l’OM,  et qu’on lui proposa de se présenter à la mairie, il a répondu ceci : « La médiocrité, c’est faire semblant de pouvoir et de connaître, sans pouvoir ni connaître. Je ne pourrai pas me présenter ailleurs, où j’ignore les codes, les gens, les insuffisances.
« Homme charismatique, sage, de principe et de conviction,» selon le témoignage de  Philippes Troussier, qu’il recruta comme entraineur de Marseille, il ne nous reste plus qu’à souhaiter que sa mort, due au Covid-19, soit un électrochoc dans la prise de conscience des populations.

De son vrai nom Mababa, il a été au foot ce que Madiba a été en politique. Repose en paix, cher Pape, ta légende continue, réunissant les peuples sénégalais et français, dans la même et profonde douleur.

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