Dans la rue, l’on se retourne souvent sur leur passage. Et les enfants, leurs congénères naturels de jeu, les pointent souvent du doigt. Sans le faire exprès, ils sont en marge de la société qui les regarde avec curiosité et juge leurs faits et gestes avec condescendance. Pourtant, entre eux, lorsqu’ils sont seuls, ils ne se sentent pas différents.
Ils, ce sont les "Special Olympics", ces jeunes enfants déficients mentaux qui bénéficient d un programme d’encadrement sportif par le biais de l’organisation qui porte leur nom et qui ce jeudi ont été les acteurs du premier camp de basket du 10e Hoop Forum.
Le chaud soleil qui surchauffe le terrain de l’INSEPS, ne les aura pas pris au piège. Les enfants déficients, membres du club très fermé des "Special Olympics" sont tout aussi sensibles au climat qu’il fait en ce jour d’Ascension. Et en attendant de goûter à la séance spéciale d’aujourd’hui, ils se sont évertués à installer eux-mêmes les chaises et se sont tous mis à l’ombre.
Juste une impatience somme toute sommaire les a habités. Le temps que les organisateurs de ce camp spécial, sponsorisé par l’ambassade des Etats-Unis à Dakar dans le cadre de la 10e édition du Hoop forum de SEED, soient en place, eux avaient déjà senti que la journée serait un peu spéciale.
D’habitude pointés du doigt parce qu’enfants à part, leur déficience n’est pas aujourd’hui un facteur d’exclusion, mais plutôt un moyen de les unifier et de les unir avec les autres.
Après 15 minutes de retard, les anciens pensionnaires de l’Académie Seed de Thiès qui aujourd’hui font la fierté de quelques universités américaines, font leur apparition, distribuent les tee-shirts et ont en tête de transmettre, de partager avec ces enfants "non pas entièrement à part mais à part entière", selon Amadou Gallo Fall, fondateur de SEED.
Ici, Gorgui Sy Dieng, dernier Sénégalais à avoir disputé le "Final Four" du championnat universitaire américain, et Thierno Ibrahima Niang, meneur désigné de l’équipe nationale du Sénégal, ne sont pas des stars. Juste des instructeurs du jour, qui n’ont pas tardé à se muer en spectateurs médusés face à la belle assimilation des leçons de ce jour.
Quelques exercices, intensément réalisés avec de multiples tentatives, et les enfants des "Special Olympics" qui ne demandent qu’à concourir avec courage comme le stipule leur devise, de vivre aujourd’hui un rêve : se faire encadrer par les mêmes techniciens qui depuis 10 ans officient à l’Académie SEED.
Pour ce Hoop Forum, qui boucle les dix ans de présence de la fondation, "on a tenu comme un symbole à commencer nos activités avec ce camp sponsorisé par nos amis de l’ambassade des Etats Unis pour ces enfants", a déclaré le vice-président de la NBA, en charge de l’Afrique.
Rajah Diouri Sy, Secrétaire général de l’organisation "Special Olympics", a dit tout son plaisir de voir "une nouvelle fois SEED offrir un camp de basket à nos enfants, depuis le premier intervenu en 2006 avec l’entraîneur américain Sam Perkins".
Pendant ces discours liminaires, le sourire commençait à disparaître des visages angéliques de la vingtaine de jeunes enfants, dont le regard à été capté par les ballons de basket.
En bandoulière, au top départ du camp, ce bout de phrase qui orne la bâche floquée du logo de cette association en charge de ces enfants, et qui résume tout le besoin qu’ils ont de se sentir comme tous les enfants : "Donnez-moi l’occasion de gagner, mais si je n’y arrive pas, donnez-moi la chance de concourir avec courage".
source aps
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