Depuis que la vie des démineurs a basculé le 3 mai 2013, personne ne les a vus, ni entendu s’exprimer publiquement. Dans une vidéo tournée au cœur du maquis par SenePlus.Com les otages ont fait des témoignages au reporter Christian Thiam, sur leurs conditions de vie sous le regard du chef militaire du Mfdc César Atoute Badiate qui s’est aussi expliqué.
C’est au plus profond de la forêt casamançaise que les démineurs otages font part, pour la première fois, de leurs conditions de détention et exposent leur vœu ardent de rejoindre « le plus tôt possible » leurs familles respectives. Devant le regard attentif du général maquisard César Atoute Badiate, les otages, assis sur des bancs en plein milieu de la forêt, comme le montre la vidéo de l’entretien accordé à Seneplus.com, semblent être en bonne forme physiquement. Pour la première fois, ils ont eu l’occasion de faire part de leurs conditions de vie et leur vœu ardent de retrouver leurs familles respectives. Et c’est Charles Coly un des otages qui prend la parole. Serein, il confesse que depuis leur enlèvement, ses compagnons et lui n’ont été victimes d’aucune forme de maltraitance, ni de terreur de la part de leurs ravisseurs. « Depuis que nous avons été arrêtés, nous n’avons eu aucun problème. On a un peu marché, et cela c’est normal. Même la nourriture n’a jamais été un problème pour nous. Nous allons à la pêche et à la chasse ».
« Nous allons à la pêche et à la chasse »
Il poursuit : « On se déplace comme on veut », a-t-il souligné en tentant de se débarrasser des
insectes de la brousse qui bourdonnent autour de ses oreilles, comme le montre la vidéo. « Personne dans le maquis n’a jamais pointé une arme sur un otage pour lui ordonner d’exécuter une action », assure Charles. En revanche, il déclare que « le seul problème que nous avons, c’est qu’on n’a pas nos familles ». Doucouré, qui semble le plus jeune des otages qui ont fait face à la caméra, se veut moins catégorique que son collègue Charles et déclare : « On tient ici des discours pour dire que tout va bien… Mais on sera mieux chez nous. C’est bien beau de dire oui on n’a pas de problème. Mais nous, nous voulons rentrer chez nous le plus rapidement possible », a poursuivi l’otage.
« C’est très dur de vivre ici »
Gilbert Tendeng, corroborant les propos de Charles, se dit persuadé qu’ils n’auront pas de problème. Seulement, reconnaît-il, « c’est dur de vive ici ». L’otage se préoccupe du sort qui leur sera réservé après leur libération du point de vue professionnel. En effet, il craint qu’après leur libération, leurs familles respectives les déconseillent de continuer à travailler comme démineurs pour la société sud-africaine Mechem, parce que cette activité sera perçue comme une activité bien trop risquée.
Pour rappel, ils étaient douze démineurs travaillant pour la société sud-africaine Mechem, à être enlevés par la faction séparatiste du Mfdc de César Atoute Badiate. Ils exécutaient tranquillement leur tâche ce 3 mai au soir dans le village de Kaïlou, (département de Ziguinchor), quand les rebelles ont fait irruption et les ont kidnappés. Le 28 mai 3 femmes faisant partie des 12 démineurs ont été libérées pour des raisons humanitaires après une médiation des autorités de Bissau, de la Croix Rouge, le groupe de réflexion pour la recherche de la paix en Casamance, entre autres acteurs.
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